1897

CORRESPONDANCE DU PERE DEHON: ANNEE 1897

01. 01. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 10). P. Falleur

Bonnes fêtes encore. Casterman a envoyé les 150 ex. à l'Institution. Prenez-les et mettez-les chez moi. Envoyez m'en 20 ici. Mme Malézieux en attend un, 11bis rue de la Planche à Paris.

Pour envoyer la circulaire à tous, les communautés de France, vous avez dans ma bibliothèque (dans mon bureau) le Bottin des communautés. Tout vôtre. J. du C. de J.

02. 01. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 11). P. Falleur

On demande à Javarzay quatre Ordos. En avez-vous envoyé partout?

Le P. Clément réclame des recueils de musique et de plain-chant prêtés à M. Maréchal.

Qui est-ce donc qui quête à Tours? M. Camus m'écrit qu'il a un de nos quêteurs. Serait-ce le F. Quentin? Avisez-moi de suite.

Renseignez-moi sur tous vos réglementsrèglements fin décembre. Il faut ici 6 Ordos.

Tout vôtre. Jean du C. de J.

03. 01. 1897. B 22/5 (inv. 453. 03). M. Delacourt (ancien élève)

+ Rome, 3 janv. 97

Mon cher Léon,

C'est de la Ville éternelle que je te réponds. Je passe ici l'hiver et j'y passerai probablement les hivers suivants.

C'est M. Delloue qui dirige maintenant l'Institution. Je m'occupe des diverses maisons de notre communauté du Sacré-CoeurSacré-Cœur et je missionne un peu par toute la France.

Te voilà enfin casé, je m'en réjouis. Ne reste pas trop longtemps sans prendre une compagne.

Tu es bien mieux à l'Hôtel-Dieu que dans des bureaux nombreux où se rencontrent bien des gens mal élevés.

Ta famille habite donc maintenant rue George Sand?

Quel dommage que tu n'as pas le loisir de venir passer ici quinze jours avec moi. J'habite en haut du Capitole et j'ai de mes fenêtres une vue merveilleuse sur les ruines de la vieille Rome, le forum, le palatin, le Colysée, et dans le lointain les Monts Albins et le reflet de la mer vers Ostie.

Je serais ton cicerone dans la Ville sainte, mais c'est un beau rêve auquel il faut renoncer.

Notre maison de St Jean commence à coloniser au ciel. Après M. Lefèvre Arnould et M. Labitte, voici M. Marchal qui vient de mourir. Trois anciens professeurs en un an. La vie est peu de chose.

Sois toujours fidèle à toutes les nobles et saintes résolutions de ta jeunesse.

Offre mes respects à tes parents et mes amitiés à tes frères.

Ton tout dévoué, L. Dehon

      Via di Monte Torpeo Tarpeo 54.

05. 01. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 01). P. Falleur

Cher fils,

1. Renseignez-moi sur vos paiements de ces jours-ci.

2. J'ai écrit en décembre à Chalons, Bayonne, Clermont, Quimper, Rennes, n'avez-vous rien reçu?

3. Il me semble que Laval n'a rien envoyé depuis deux ans; Chauny, Clermont depuis un an; Nicolet depuis deux ans. Ce sont sans doute des sources taries.

4. Vos 8.000f à Dirani sont finis. Peaucelle a dû être payé fin décembre. Les 8.000f de Besnard seront finis fin janvier. Avez-vous des dettes avec Tête (2.527) et Génin (1.100)?

5. Madame Guérillon a-t-elle payé?

6. Ci-joint une note pour le Conseil. Donnez-la au P. Rasset et à son défaut au P. Delloue.

7. Je demande deux volumes à Lecoffre à votre compte.

8. Dans les revues arrivées à mon adresse dans ces derniers temps, il doit y avoir un Bulletin des Propriétaires chrétiens, envoyez-le moi.

9. Mauvaises nouvelles de l'Equateur. Ils parlent de revenir dans six mois quand ils auront touché les 8.750f qu'on leur doit.

10. Je comprends que le P. Mathias n'achète pas un château à 3 lieues du chemin de fer. Il faudrait traiter pour le savon seul, sans le château.

11. Vous recevrez de Casterman 5.000 circulaires-réclames pour la Retraite. Vous les ferez mettre sous bande et adresser à toutes les maisons religieuses (hommes et femmes) de France. Des enfants soigneux peuvent faire les adresses.

Les occupations ne me manquent pas. Je vais faire chaque semaine un cours public de sociologie pour les étudiants des séminaires et des scolasticats.

Un vivat à tous. Votre bien dévoué + Jean du CoeurCœur de Jésus.

P. S. Il y a dans ma bibliothèque (2è chambre) plusieurs petits volumes „Le Pape et la question sociale”, par L. Grégoire, envoyez-en un par la poste au P. Gabriel à Sittard.

07. 01. 1897. B 23/1. a 5(inv. 474. 12). P. Falleur

Il y a un grand intérêt moral à répandre nos Retraites. C'est aussi pour l'Oeuvre une grande notoriété. Il y aura un profit si vous ajoutez au composteur ces mots: s'adresser à Casterman… ou à M. Falleur à Fayet (Aisne). Ne faites pas vous-même les envois, adresse, etc., mais faites faire par F. Léon ou un des enfants. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

09. 01. 1897. B 21/9. c. (inv. 473. 18). P. Falleur

Cher fils,

Il me semble que vous me négligez un peu. Vous ne répondez pas beaucoup à mes lettres.

Vous ne devriez accepter que 15 heures de classe, pour soigner mes affaires.

J'attends de vos nouvelles. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

13. 01. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 02). P. Falleur.

Cher fils,

Il a bien été convenu que M. Delloue paierait les provisions reprises en trois fois, cela fait bien 3.000f par trimestre, mais s'il n'a pas, que faire? Patience et prière.

Avez-vous payé St Sulpice?

Vous savez où je mets les pièces relatives à nos Pères, dans le cartonnier de la 2ème chambre, en haut à gauche. Cherchez le dossier Dussaussois et voyez si vous trouvez son exeat ou ses testimoniales. Il n'aurait pas fallu envoyer ce pauvre garçon à Soissons, mais à Luxembourg ou à Ruremonde.

Vous avez dû recevoir quelque argent de M. le Curé de Beauraing.

Pour les livres à m'envoyer, le mieux c'est par colis postal (de cinq kilos). Cela met 8 à 10 jours. M. Harmel envoie tout comme cela.

N'y a-t-il pas quelques intérêts à payer à M. Loiseau? Demandez-les au P. Jeanroy ou au P. Jacques.

J'attends les Retraites (15 ou 20). Un vivat à tous. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

Dites au P. Delloue que si M. Benoît Jeannin venait à lui manquer dans l'année, il recoure de suite au Sup.r du Séminaire académique 74 rue de Vaugirard, ou à M. Canet, château de la Chasseigne (Nièvre).

14. 01. 1897. B (inv. ). L. Dehon - Bailly - Harmel. DépêcheDépêche

15. 01. 1897. Bibliothèque Vaticane Nr 1902. M. Toniolo.

« Rome, 15 janv. 97 (Via di Monte Torpeo Tarpeo 54).

Monsieur,

M. Harmel, le patron chrétien dont vous connaissez les œuvres, est ici chez nous pour quelques jours.

Il serait heureux de s'entretenir quelques instants avec vous. Si voulez bien accepter notre modeste dîner pour lundi à midi, cela nous permettrait de le voir sans perdre de temps. J'ai l'espoir que vous pourrez nous faire cette faveur.

Je vous prie d'agréer mes respectueux hommages. L. Dehon »

16. 01. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 03). P. Falleur

Cher fils,

Vous pouvez refuser la Revue française.

Le costume de Meyer doit être payé par ceux qui l'occupent comme portier, ou par ceux qui occupent sa mère.

Pour le savon, je vous ai dit qu'il ne faut pas acheter un château à trois lieues du ch. de fer. Si on peut s'associer pour le savon sans le château, soit. Voyez cela avec le P. Urbain.

On devrait vous laisser assez de loisirs pour faire votre économat général. C'est votre premier devoir.

Les deux premières conférences ont été bien. Priez pour moi. J'espère voir le pape cette semaine. Un vivat à tous. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

J'attends 12 Retraites et quelques feuilles de propagande.

20. 01. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 13). P. Falleur

Faites visite, vous ou le P. J. B., chez M. Delh.[Delhay], rue de Vermond, et assurez-vous que le compte est réglé.

J'ai reçu les Retraites. J'attends les livres espérés comme étrennes et quelques feuilles (une vingtaine) de prospectus Retraites. Nous allons bien. Un vivat. Jean du C. de J.

20. 01. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 04). P. Falleur

Cher fils,

L'Univers d'hier mardi vous donne de mes nouvelles et quelquefois aussi la Croix.

„Laboremus dum tempus habemus” (Ga 6, 10).

J'ai écrit au P. Delloue de s'assurer. Il est convenable de faire maintenant nos assurances chez mon parent Gaston Née (Bould Gambetta) qui est directeur d'assurances (la Nationale? il succède à Rosay). On peut lui demander une petite faveur pour les établissements ecclésiastiques, en lui disant que M. Roger le fait.

J'ai donné ordre au P. André d'envoyer si possible un professeur, Duborgel si possible, sinon Ulstein.

Pour la maison Kunzel, je n'ai pas le sou. Pour St Sulpice, demandez à Sittard la part des Hollandais. Ce sera toujours cela. Je ferai mon possible pour le reste.

Ecrivez à l'avoué de Mme Guérillon. N'insistez pas pour la Revue des propriétaires chrétiens, je l'ai reçue. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

29. 01. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 05). P. Falleur

Cher fils,

Faites dire les 39 messes. Je donne 50f au P. Barthélemy.

Je ne reçois plus le Bien public de Gand depuis 15 jours. C'est que l'abonnement est fini. Renouvelez-le.

J'ai eu hier encore une belle assistance à ma conférence. L'Univers de jeudi parle un peu de mon audience. Amitiés au P. Courroy. Un vivat à tous. + Jean du Coeur de Jésus.

29. 01. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 14). P. Falleur

Si vous pouvez trouver dans ma bibliothèque (2è chambre) un volume sur les Juifs par un curé normand, envoyez-le moi de suite par la poste. Dites au F. Dussaussois d'écrire à Soissons pour demander son Exeat. Que le P. Delloue revoit sa lettre. Tout vôtre Jean du C. de J.

08. 02. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 06). P. Falleur

Cher fils,

Je suppose que le P. Delloue vous a remis déjà 1.500f en janvier. Sinon il faut insister pour avoir 1.000f.

Pour L. Roth, priez son frère de prévenir M. Delloue et M. Vinchon de ce qui est convenu.

Et Delhay??? Pour M. Pruvost, écrivez une carte postale au P. Aumônier.

Dumont est à Beyrouth, Université St Joseph.

Réclamez la dîme à Sittard. Prions St Joseph, il aidera.

Je n'ai inscrit de recettes en janvier que de Koehren, Bayonne et Quimper, il doit y en avoir d'autres. J'ai écrit de plusieurs côtés.

J'ai quelques doutes sur votre ferveur. Rassurez-moi. Remerciez le P. Mathias de sa bonne lettre. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

08. 02. 1897. Bibliothèque Vaticane, n. 1962. M. Toniolo.

« Rome, 8 fév. 97

Monsieur,

Je vous envoie un projet d'article pour la Rivista. J'espère que vous pourrez me lire. Je ne sais pas si c'est bien ce que vous désiriez. Si vous pensez que je doive modifier mon petit travail dans un sens ou dans l'autre, je suis tout à votre disposition. Vous connaissez mieux que moi les tendances de vos lecteurs.

Heureux de votre bonne amitié je vous offre mes dévoués respects. L. Dehon ».

12. 02. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 07). P. Falleur

Cher fils,

Commencez par envoyer les 5.000 circulaires. S'il en faut plus, Casterman vous en refera. Essayez d'obtenir quelques insertions dans les Semaines religieuses.

Pour le savon, je regretterais d'avoir une maison isolée. Nous avons déjà Fourdrain.

Ayez patience avec le P. Mathias.

Si vous héritez 10.000f, tâchez d'en donner 5.000 à Dubois. Les intérêts coûtent si cher!

Quid de Delhay? Pour les messes, soumettez le cas au P. Mathias.

La maison du S. CoeurCœur a mauvais esprit, laissons-la cuire dans son jus.

Je vous autorise à user de ma chambre.

Une 3è conférence est faite. J'en ai encore deux, c'est une grosse charge.

Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

Gagnez le P. Urbain au bon esprit.

12. 02. 1897. B 24/12 (inv. 507.01). Préfet de la Propagande (copie dactylogr.)

Eminentissime Seigneur,

J'ai eu l'honneur de vous voir déjà au sujet du désir qu'a notre Congrégation des Prêtres du S. CoeurCœur de Jésus d'obtenir une mission.

Je vous exprime aujourd'hui notre demande par écrit.

Notre Congrégation a été fondée en 1877. Elle a obtenu le Bref laudatif en 1888, à la demande de 25 évêques. Nous avons 14 maisons réparties entre la France, la Belgique, la Hollande, le Luxembourg, le Brésil et Rome.

Nous avions deux missions à l'Equateur, mais la révolution nous oblige à les quitter.

Nous sommes actuellement deux cents religieux, dont soixante-quinze prêtres. La moitié environ sont français, les autres sont allemands, luxembourgeois, hollandais et belges. Nous avons trois écoles apostoliques qui comptent 200 élèves, dont la moitié sont allemands. La plupart de ces jeunes gens se destinent aux missions.

Nos missionnaires de l'Equateur ont fait preuve là-bas de zèle et d'endurance pendant dix ans. Ils sont prêts à reprendre une autre mission.

Nos écoles apostoliques ont souvent été encouragées par les évêques de Belgique et d'Allemagne, comme l'indique la note ci-jointe.

J'espère que la S. Congrégation de la Propagande voudra bien nous confier une mission. Nous nous y dévouerons de tout coeurcœur avec le secours de la grâce divine.

Daignez agréer, Eminentissime Seigneur, l'hommage du profond respect avec lequel je suis, de Votre Eminence, le très humble et indigne serviteur.

                              L. Dehon, Sup. gén. des Prêtres du S. CoeurCœur de Jésus.

17. 02. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 08). P. Falleur

Cher fils,

Soyez toujours modeste et zélé. La Providence ne m'envoie rien ici. Patience!

M. Lefèvre a-t-il gardé les derniers titres qui montent environ à 3000f.? Ils seraient mieux placés chez Dubois.

Avez-vous écrit à Strasbourg? Et le compte Delhay? (1è 12ème demande).

Avec l'aide des anciens, retrouvez-moi les noms de nos prédicateurs de retraite: 93 P. André; 92 P. Braun; 91 ego; 89 P. Blancal; 88 ego. Et les autres? Depuis 1878 jusqu'à cette année. Ma mémoire est courte.

Voyez un peu M. Perret aîné pour lui demander les dates de fondation et la fusion du Conservateur.

J'écrirai bientôt au P. Mathias, à M. Pépin et à Roblot. Dites au P. Mathias que je suis indifférent pour M. Thibaireng.

Voyez si les mites ne détruisent pas mes rideaux et vêtements, et si le matelas n'a pas besoin d'être rajeuni. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

17. 02. 1897. Bibliothèque Vaticane, n. 1971. M. Toniolo.

« Rome 17 fév. 97

Monsieur,

Je suis tout à votre disposition pour corriger l'article envoyé. L'expression est en effet un peu dure pour Ketteler, elle est à modifier. On pourrait dire que « les associations ouvrières qu'il proposa n'ont pas eu un grand développement ».

Pour ce qui regarde l'Italie, vous êtes meilleur juge que moi.

Les Cercles ouvriers d'études sociales sont tout à fait différents des cercles catholiques d'ouvriers. Ceux-ci, les Cercles catholiques, fondés par M. de Mun, sont vraiment des cercles avec des locaux importants, des salles de récréation et souvent une chapelle.

Les cercles d'études sont des petits groupements de 15 à 20 ouvriers convoqués chaque semaine pour étudier ensemble les questions sociales dans une modeste salle louée ou prêtée. C'est une œuvre qui a été commencée à Reims sous l'impulsion de M. Harmel et par l'initiative de socialistes convertis. Ces réunions sont une imitation des groupes socialistes et anarchistes. Un ouvrier les préside et le président varie fréquemment pour habituer les ouvriers à prendre de l'initiative. C'est le secrétaire qui est l'âme de la réunion. Le plus souvent un prêtre ou un homme d'œuvres assiste à ces réunions à titre de membre consultatif.

Ce sont ces groupes qui ont fait les congrès ouvriers de Reims depuis trois ans. Ils sont maintenant fédérés en plusieurs régions et ils ont fondé au dernier congrès de Reims, à la Pentecôte, l'Union démocratique chrétienne qui commence à agir dans les élections. C'est un parti ouvrier. Il correspond au parti démocratique belge. Il est même plus exclusif et n'admet jusqu'à présent que des ouvriers.

L'œuvre de M. de Mun, les Cercles catholiques, se tient en dehors de la politique et n'a pas d'action électorale.

J'aurai une grande joie à vous revoie en au 8 mars.

Je vous prie d'agréer mes dévoués respects. L. Dehon ».

19. 02. 1897. B 20/93. 2 (ou 3/2?) (inv. 293. 09). P. Falleur

Cher fils,

Je suis heureux d'apprendre que vous n'êtes pas découragé pour la vie spirituelle.

Tenez-moi bien au courant de nos affaires. Dites-moi de suite ce que vous avez reçu depuis le 1er janvier, autrement je vais écrire à des gens qui vous ont envoyé.

Je n'ai marqué que 3 recettes depuis le 1er janv.: Meistratzheim, Bayonne et Quimper. Il y en a sûrement d'autres. Je ne reçois rien ici, la pauvreté va se faire sentir. Il faudra de l'argent à la fin du mois.

Ma 4ème conférence a eu une belle assistance hier.

200 circulaires ne suffisent pas. Demandez-en des centaines à Casterman. Envoyez-en aux Maisons-Mères et aux 80 bibliothécaires des grands séminaires.

Commencez un cahier d'agrégés. Que le P. Mathias mette des feuilles dans ses lettres.

Aidez Me Coquisart. Faites envoyer à Picard (Jouy par Commercy) ses effets et livres restés au S. CoeurCœur. Tout vôtre. + Jean du Coeur de Jésus.

22. 02. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 10). P. Falleur

Cher fils,

Pour Reims, il y a bien des considérations. Les oeuvres que N. S. préfère sont celles qui se rapportent aux prêtres (éc. apost.), aux enfants, aux travailleurs. Il faut tenir compte à Reims des dispositions du Cardinal, de la famille, du public. Une maison de travail comme à Seraing serait bien. Nous pourrions peut-être donner des hommes.

Le P. Irénée vous remettra son argent. Le boucher peut attendre. Donnez quelques mille francs à Dubois. Si le P. Irénée vous remet ce qu'il a, faites l'abandon au P. Blancal de ses 700f. J'aime tant la paix, même à mes dépens.

Si le P. Delloue a besoin du P. J. Bte, prenez le P. Angelus à Fayet.

Tout dévoué in Corde Jesu! + Jean du CoeurCœur de Jésus.

27. 02. 1897. B 20/2 (inv. 290. 39). P. Falleur

Cher fils,

J'ai reçu 63f d'Innsbrück. Inscrivez 61 messes dont 29 pr déf, 25 ad int. 7 in hon. B.M.V.

Il ne faut pas penser à bâtir une chapelle au S. CoeurCœur avant 25 ans. Que M. Arrachart aide plutôt le P. Claude qui crie misère.

Pour le savon, je ne suis pas d'avis d'acheter une maison.

Je pense quitter Rome le 25 avril et passer un mois en Allemagne (Innsbrück et Francfort). Rien ne m'attire au S. CoeurCœur, où il y a mauvais esprit.

Assurez-vous de ce qu'on dépense à la chapelle, on marque tout à votre compte.

Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

Autour de début mars 1897 B 106/2 (inv. 1159.51). Léon XIII

Très Saint Père,

Humblement prosterné aux pieds de Votre Sainteté, je dépose entre vos mains l'hommage d'une modeste brochure sur nos Congrès catholiques.

Ayant remarqué que leur utilité était contestée par quelques personnes et qu'ils pourraient rencontrer des entraves, j'ai cru bon de redire tous les avantages qu'ils apportaient à la cause catholique, comme Votre Sainteté l'a souvent déclaré en approuvant et bénissant ces réunions. Que d'œuvres nous devons déjà à ces congrès et quelle diffusion des enseignements de Votre Sainteté !

Je serai très heureux si cette brochure peut contribuer quelque peu à cette diffusion de Vos enseignements et directions.

Je supplie Votre Sainteté de bénir ce petit travail et mon humble apostolat.

L. Dehon, Sup.r des Prêtres du S. Cœur de Jésus.

(Lettre manuscrite autographe du P. Dehon, original aux Archives vaticanes. Cf. la réponse du Cardinal Rampolla, reproduite, avec traduction, dans OSC II, p. 357, à la date du 11 mars 1897).

06. 03. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 11). P. Falleur

Le P. Rasset a des feuilles signées pour les Celebret et les dimissoires.

Je ne sais pas si le P. Claude quête encore, mais je le crois découragé. Il donne mon adresse à ses créanciers qui m'envoient leurs réclamations. Il y aura encore là 100.000f à chercher. Ce serait le cas de vendre beaucoup de savon.

Chère Mère devrait donner deux quêteuses pour St Martin, avec l'assentiment de Mgr.

Je compte arriver à St Quentin fin mai et partir huit jours après pour la visite des maisons de Belgique et de Hollande. Je ne ferai pas de longs séjours à St Q. cette année.

S'il le faut, faites-vous Frère quêteur pour St Martin. Nous sommes responsables moralement tous les deux, parce que nous avons laissé faire le P.Aug. Faites prier St Joseph à cette intention.

Avez-vous avisé le P. André que vos remises de 500f par mois sont maintenant pour la dette Kettenis?

Si vous avez quelques mille francs de l'Equateur et de Reims, donnez un acompte à Dubois. Il faut éteindre les intérêts à 5 qui nous rongent.

Combien avez-vous reçu jusqu'ici du P. Delloue sur les 9.000f de provisions?

Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

Un vivat à tous.

11. 03. 1897. B 9/17.A.38 (inv. 60.38). Sur la lettre de T. Caffarelli à l'abbé (Legrand ?) B 9/17.A.38 (inv. 60.38). Sur la lettre de T. Caffarelli à l'abbé (Legrand ?)

12. 03. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 12). P. Falleur

Cher fils,

J'ai envoyé deux dimissoires à Lille et deux à Sittard. Ci-joints deux autres. Je n'en ai plus guère. Cherchez-en pour m'en envoyer à signer, dans l'armoire à la tête de mort.

Outre les 80.000f à Jupin, l'oeuvreœuvre de St Martin doit 7.000f à Talon, 15.000 à Déraisin couvreur, etc.

Vous aurez beaucoup à payer en avril. Est-il prudent de donner 2.800 à Tête? Si on lui envoyait seulement 1.500 ou 2.000?

Vous pouvez remettre 50f au P. Irénée, et demander à M. Arrachart ce qui est dû à Labbé et Lecomte.

Le Celebret est pour qui en aurait besoin. Mettez-y le cachet.

Je compte toujours partir d'ici fin avril et passer par Innsbrück où je m'arrêterai quelques jours.

J'ai fait hier ma 5ème Conférence devant un auditoire splendide: 4 Cardinaux, 3 archevêques; un grand nombre de prélats, de religieux, professeurs, etc.

Le P. André m'écrit: „j'ai accepté 1.000 messes à 1f pour vous, puis-je garder là-dessus 50f?” Je lui réponds: oui. Il y aura donc 1.000 messes pour 950f.

Lefèvre-Dumur sera très content avec 2.000f tous les trois mois.

Splendide assistance hier à ma 5ème conférence: 4 Cardinaux, 3 archevêques, etc, etc.

Paul Leroy a été malade depuis deux mois à Nancy, il envoie ses respects au P. Mathias. Ici nous allons tous bien. Tout vôtre in Corde Jesu. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

12. 03. 1897. B 24/0 (inv. 487. 21). Mgr Duval

Monseigneur,

Je remercie Votre Grandeur de me parler si franchement. Mais je vois avec peine que vous êtes renseigné par des personnes qui ne nous connaissent pas ou qui ne sont pas bienveillantes. Notre situation générale est bien meilleure que vous ne pensez.

Vous me posez d'ailleurs plusieurs questions, j'y répondrai bien loyalement.

1°. La Cong. n'a su encore établir rien de solide?

La maison de S. Jean a vingt ans d'existence. Elle seule est solide comme maison d'éducation libre dans le diocèse. Chauny est tombé, Laon est tombé, Vervins agonise. St Jean tient bon et diminue ses dettes chaque année. Elles n'ont plus rien d'inquiétant.

La maison du S. Coeur a 19 ans d'existence et pas de dettes; Fayet a 15 ans d'existence, Sittard, 14 ans; Lille, 13 ans; le Val-des-Bois, 10 ans; Clairefontaine en Belgique, 8 ans; Marsanne dans la Drôme, 7 ans; Rome, 6 ans, etc.

Bien des Congrégations ont été approuvées avant d'avoir autant d'oeuvresœuvres solides.

2°. Où est la maison-mère?

Elle est manifestement à St Quentin. Mais elle pourrait bien être transférée plus tard à Rome avec l'agrément du St Siège. Nos sujets allemands et hollandais le désirent.

3°. Pas d'agglomération?

St Jean a 9 prêtres; le S. CoeurCœur, 9; Fayet, 6; Clairefontaine, 6; Sittard, 5; Lille, 5; Bruxelles, 4, etc. Nos règles demandent seulement un minimum de 3 prêtres par maison.

4°. Pas de formation religieuse?

Nos sujets font deux ans de noviciat à Sittard. Le maître des novices est un prêtre très estimé, docteur en théologie.

5°. Pas de formation théologique?

Nous avons 18 élèves à St Sulpice, est-ce ceux là qui manquent de formation? Nous en avons 5 à Rome, à l'Université grégorienne; 7 à Lille à l'Université catholique; 14 à Luxembourg où ils suivent les cours du séminaire, un séminaire d'élite qui a la valeur d'une faculté théologique et qui donne le doctorat avec l'assentiment du Pape. Quel est le diocèse qui donne une meilleure formation théologique? Jugerait-on à Soissons nos 80 scolastiques par les deux ou trois qui suivent un petit cours à St Quentin? Serait-ce juste?

6°. Pas de formation littéraire ? Nos trois écoles apostoliques de Fayet, Sittard et Clairefontaine marchent bien. Fayet donne des bacheliers et a donné déjà quatre licenciés-es-lettres. Nos petits séminaires font-ils mieux?

7°. Où est le siège de votre adoration et réparation?

Nous avons l'adoration du St Sacrement exposé tous les jours au noviciat à Sittard. A St Quentin, on ne peut avoir que le salut quotidien. Pour une maison d'adoration quotidienne, il faut au moins 30 adorateurs, puis-je mettre 30 prêtres au S. CoeurCœur? Que feront-ils?

Pour la réparation, elle se fait par toutes nos prières et toute notre vie intérieure: amende honorable, matin et soir; heure sainte dans la nuit du jeudi au vendredi dans toutes nos maisons; messes réparatrices chaque mois sans honoraires par tous nos prêtres, ce qui fait 780 messes réparatrices par an.

8°. Vos sujets quittent facilement?

Pas plus qu'ailleurs. Nous avons donné l'habit en vingt ans à 350 sujets, il en reste 200. 60% sont donc restés. Des statistiques publiées récemment disent que les Jésuites en gardent 25%; les Dominicains 12%; les Trappistes, 4. Nous ne sommes pas les derniers.

9°. Tout ce qui se présente est admis?

Non. Cependant, j'avoue qu'il y a eu un peu trop de facilité, mais notre dernier Chapitre y a mis ordre.

10°. Vos Constitutions sont un long provisoire?

Les Constitutions sont toujours provisoires jusqu'à la troisième approbation. Les nôtres ont été présentées au St Siège en 1887 et amendées par lui. Nous vivons là-dessus. Il les amendera encore deux fois.

11°. Et les affaires du Saint Office?

Elles n'ont rien d'humiliant. Le St Office a formellement déclaré qu'il ne jugeait que les révélations de Sr Ignace. Il a déclaré qu'il ne pouvait pas les accepter comme révélations, qu'elles étaient d'ailleurs correctes comme théologie et que si nous les avions proposées seulement comme „lumières d'oraison”, cela aurait pu passer.

12°. Vous trouveriez là une très vive opposition?

Nullement, pas la moindre opposition. Nous sommes très bien vus à Rome de tout le monde, y compris le St Office. Il n'a pas même fait d'opposition à notre première approbation en 1888. Il demande seulement que nous ne prenions pas le nom d'Oblats, qui rappelle les révélations.

13°. Mgr Thibaudier ne voulut vous garder que comme prêtres missionnaires,

Mgr Thibaudier nous regarda comme Cong. diocésaine jusqu'à la 1ère approbation. C'est le droit commun. C'est lui-même qui a demandé au Saint-Siège, avec 25 autres évêques, que nous devenions congrégation générale en 1887.

14° Et les défectuosités personnelles?

Elles datent de plusieurs années. Notre Chapitre général a jugé en septembre qu'il n'y avait plus à en tenir compte.

Si j'ai pensé à demander l'approbation, c'est qu'on m'y encourageait ici. Le Saint Père m'a dit: „J'espère que vous aurez bientôt l'approbation”. Le Cardinal préfet de la Cong. des évêques et réguliers, et le secrétaire, m'ont dit la même chose.

On nous a déjà donné d'ailleurs, par divers indults, l'équivalent de l'approbation:. Nous avons une maison autorisée à Rome, nous avons un Ordo particulier, nous pouvons incorporer des sujets et les faire ordonner, ad titulum mensae communis, a quocumque episcopo.

Nous n'avons que des amis ici. Je suis très bien accueilli par tout le monde. J'ai donné hier ma cinquième conférence, il y avait dans l'assistance: quatre cardinaux, trois archevêques, un grand nombre de prélats, de religieux de tous les ordres et de personnes distinguées. On désire que je revienne encore l'hiver prochain pour donner quelques conférences… Le Card. Rampolla m'a même exprimé le désir que nous fondions bientôt une maison en Italie.

J'aurais facilement 25 lettres épiscopales de recommandations, mais je n'en demanderai pas avant d'avoir celle de Votre Grandeur, que vous nous donnerez quand vous voudrez.

Je m'en rapporte à votre bienveillance.

Je compte rester ici jusqu'à Pâques et passer ensuite par l'Allemagne pour y étudier les oeuvres pendant un mois.

Daignez agréer, Monseigneur, l'hommage de profond respect avec lequel je suis, de Votre Grandeur, le très humble et dévoué fils. L. Dehon.

13. 03. 1897. B 24/12 (inv. 507.02). Préfet de la Propagande (copie dactylographiée)

Illustrissime et Rév.me Seigneur,

Nous avons élevé à Sittard, diocèse de Ruremonde en Hollande, une école apostolique à côté de notre noviciat; et nous avons demandé à la S. Cong. de la Propagande l'autorisation d'avoir dans cette école une chapelle avec la réserve du Saint Sacrement. Notre demande n'a pas été sans doute assez claire. La réponse de la Propagande, en date du 16 février 1897, N° 22.009, adressée à M. l'évêque de Ruremonde, suppose qu'il s'agit d'accorder un second oratoire au noviciat et n'autorise pas la conservation du S. Sacrement.

Les deux maisons sont tout à fait distinctes quoique voisines. L'Ecole apostolique a 80 élèves. C'est un vrai collège qui a besoin de sa chapelle avec la Sainte Réserve pour les saluts et pour la visite au S. Sacrement. Il y aurait toutes sortes d'inconvénients à ce que les enfants de l'école apostolique allassent à la chapelle du noviciat pour les visites au S. Sacrement et les saluts. C'est contraire à l'esprit du Concile de Trente qui demande que les novices n'aient pas de rapports avec des étrangers. D'ailleurs la chapelle du noviciat n'y suffirait pas.

Je supplie donc Votre Eminence d'accorder à l'école apostolique de Sittard non seulement la chapelle mais aussi la réserve du Saint Sacrement. C'est, je crois, tout à fait dans le droit commun qu'un collège ecclésiastique dirigé par des prêtres ait le St Sacrement.

Je supplie Votre Eminence d'agréer mes très humbles et respectueux hommages.

                                        L. Dehon, sup. gén. des Prêtres du S. CoeurCœur de Jésus.

14. 03. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 15). P. Falleur

Cher fils, Charles Hummel demande la vie de Ste Paule par l'abbé Bugaud, il la paiera. Faites-la lui envoyer par le libraire. Voici l'adresse: Dr Hummel, Rheinstrasse 8, Linz a/Rhein. (12f30)

Préparez-vous bien tous à la fête de S. Joseph. Mes amitiés au P. Mathias et à tous. Pour les suffrages, vous devez suivre la règle que le P. Mathias a trouvée pour les chapelles de la Ste Famille. Tout vôtre + Jean du CoeurCœur de Jésus.

15. 03. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 13). P. Falleur

Cher fils,

J'ai écrit en février à Bayonne, Lyon, Einsiedeln,; en mars, à Rennes, Grenoble, St Brieuc, les Lazaristes. Einsiedeln répond que ce sera pour après Pâques.

N'oubliez pas 20 avril: M. Arrachart 1575. 25 avril, Melle Vicaire 200.

Et le savon? Le mois d'avril sera dur. Priez St Joseph. Je fais toujours pour vous ce que je peux. Propagez l'association. Un vivat à tous. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

18. 03. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 16). P. Falleur

Cher fils, Offrez mes voeuxvœux au P. Gabriel s'il est arrivé. Tenez-moi au courant des bonnes lettres que vous recevez, s'il en vient.

Nous manquons ici d'un lexique français. Envoyez-m'en un: Besnard ou autre.

Priez bien St Joseph. Tout vôtre Jean du C. de J.

24. 03. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 14). P. Falleur

Cher fils,

Ci-joint des messes. Je donne les 50f au P. Barthélemy. Je me charge de la messe du 1er vendredi. Les 20f de Mme Ducoin sont pour mes oeuvres.

A Troyes, je répugne toujours à l'achat d'un immeuble et je ne puis pas d'ailleurs l'autoriser sans le Conseil.

Le F. Eutrope manque de beaucoup de qualités pour l'éducation, mais que faire?

Les Sulpiciens me menacent de n'accorder cette année la réduction que pour les 9 anciens et de me demander le prix complet pour les 8 autres. C'est une tuile de 2.000 francs.

Voici une petite commission à faire délicatement. J'ai prêté à M. Crété, juge à St Quentin, un petit album de Tunisie. Je ne voudrais pas le lui réclamer et cependant j'aurais besoin d'en avoir un pareil pour envoyer à Casterman qui édite mon voyage d'Afrique illustré. Allez donc voir très poliment M. Crété de ma part. Dites-lui que je ne lui redemande pas du tout ce petit album qui n'en vaut pas la peine, mais que s'il l'a encore sous la main, il vous indique le nom de l'éditeur, afin que je puisse m'en procurer des pareils à l'occasion.

Rien d'autre ici. Les fonds sont courts, il en viendra peut-être. Tout vôtre.

                                                                  +  Jean du CoeurCœur de Jésus.

Un vivat à tous.

26. 03. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 15). P. Falleur

Cher fils,

Vous pouvez laisser les 1.500f à M. Arrachart. Payez alors la chapelle du S. CoeurCœur avec vos recettes. Remerciez les Frères, Roquefort, etc.

J'arriverai à Paris le 24 mai pour assister à la 1ère communion de mon petit neveu le 26. Je serai à St Quentin le 28.

Je vais faire imprimer des dimissoires.

Le P. Blancal me dit qu'il a 4 étudiants, qui donc? Je ne lui connais que Willibrod? Je crois que Maurice est à Sittard.

Nous aurons peut-être besoin de ressources ici à la fin du mois. Tout vôtre

                                                            +  Jean du CoeurCœur de Jésus.

29. 03. 1897. B 25/3b.10 (inv. 521.60). Nièce Marthe

29. 03. 1897. B 20/2 (inv. 290. 40). P. Falleur

Cher fils,

Espérez-vous des recettes en avril? Comment satisfaire Lefèvre-Dumur? Briot est payé en traites, n'est-ce pas? Avez-vous payé avec quelques vieux comptes? Et Herouart Duval?

Je compte arriver à Paris le 24 mai pour la 1ère com. d'Henri Malézieux. Je n'aurai plus guère rien de propre. Je devrai sans doute acheter à Paris un camail, un chapeau.

Le départ approche. Plus que trois semaines! Fiat!

Je voudrais aussi le bouquin suivant, achetez-le moi: Petit Dictionnaire politique et social, in 8°, chez Maurice Block, éditeur. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

Un vivat à tous.

29. 03. 1897. Biblothèque Vaticane, n. 2023. M. Toniolo.

« + Rome, 29 mars 97

Monsieur,

Je suis bien touché de votre mot si aimable. J'aurais été heureux de vous revoir mais je sais que votre temps est compté à Rome et que vous ne vous ménagez pas.

Je n'ai pas écrit mes conférences de Rome, je les ai faites avec des notes. Mais si je trouve quelque loisir pour les écrire, j'enverrai volontiers la dernière à la Rivista.

Je vais retourner en France où je prendrai part à quelques congrès pour soutenir les bonnes doctrines. Ce sont les idées qui mènent le monde et nous souffrons encore des erreurs propagées par les légistes et par l'humanisme. Mais la lumière se fera.

Léon XIII a vraiment relevé le flambeau de la raison et de la foi dans ces ténèbres politiques et sociales où la chrétienté s'égarait.

J'ai la confiance que ses enseignements préparent une période magnifique pour l'Eglise et pour les peuples chrétiens.

Le bon M. Harmel travaille toujours avec le même zèle. Il se prépare à amener 1500 ouvriers français aux pieds du Pape au mois d'août prochain.

Agréez mes bien dévoués hommages. L. Dehon ».

01. 04. 1897. B 20/2 (inv. 290. 41). P. Falleur

Cher fils,

Pour le savon, je pense que le Conseil a autorisé un essai. Vous pouvez donc traiter sans acheter d'immeuble.

Ne faut-il pas que vous gardiez votre classe jusqu'au mois d'août? Est-il nécessaire de commencer avant le mois d'août?

Cette fabrication ne peut-elle pas être l'occasion d'un groupement de Frères? Toutes les Trappes ont des industries de ce genre: chocolat, bière, etc.

Faites de la propagande pour la Retraite. Le P. Barth pense que vous négociez avec Desclée pour le diurnal. Tout vôtre + Jean du C. de J.

06. 04. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 16). P. Falleur

Cher fils,

Pour Lefèvre-Dumur, soit! Quels comptes dois-je effacer?

Je ne suis pas abonné au bulletin de l'Union.

Les conférences de Rome seront peut-être imprimées.

Je ne quitterai d'ici que fin avril. Je serai du 3 au 20 mai sauf changement à Innsbrück chez le R.P. Rattaire, 7 Sagengasse. Soit pour Grammont. Tout vôtre + Jean du CoeurCœur de Jésus

15. 04. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 17). P. Falleur

Cher fils,

Il faut bien soutenir le P. Casimir. Il a besoin pour son année de 3.000f et il n'a encore reçu du P. André que 600f. Vous lui en devez aussi, envoyez-lui, si c'est possible, un acompte.

Votre mois d'avril se passera-t-il sans encombre? J'ai des promesses pour mai de St Brieuc, Séez et Einsiedeln.

J'espère encore partir fin du mois mais c'est un peu douteux. J'ai déjà des travaux à faire pour la Congrégation de l'Index. Noblesse oblige. Cui honor, onus. Notre Congrégation est maintenant bien posée à Rome. Cela durera si vous êtes sage.

Qui pourrions-nous donner comme quêteur à St Martin? Il faut sortir de cette dette-là. C'est mon plus gros souci en ce moment. Trouvez donc une douairière qui fasse un effort extraordinaire. Bonne Pâques à tous. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

18. 04. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 18). P. Falleur

Cher fils,

Bonnes et joyeuses Pâques!

Ne soyez pas administrateur, c'est contraire aux règles canoniques et au voeuvœu de pauvreté.

Pour vous ôter votre classe, il faudrait l'avis du P. Mathias et du P. Irénée, et puis ad quid bonum si on ne fait pas du savon?

Si vous demandez des messes à Strasbourg, demandez au Secrétaire qu'il se contente de l'attestation du Sup. général pour l'acquit des messes.

Je ne sais pas au juste quand je pourrai partir, j'ai du travail pour l'Index.

Un vivat à tous. Votre tout dévoué + Jean du CoeurCœur de Jésus

19. 04. 1897. B 20/2 (inv. 290. 42). P. Falleur

Cher fils,

M. Druart demande son dû (284f 28), ou au moins un acompte. Donnez-le lui. Il n'est pas sur ma liste que je vous communique. Renvoyez-la moi par retour du courrier, après avoir rayé ce qui est payé.

J'en ai encore bien pour quinze jours ici. Priez bien pour moi. Un vivat à tous.

                                                                 +  Jean du CoeurCœur de Jésus.

24. 04. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 19). P. Falleur

Cher fils,

J'ai reçu 300f de Nîmes pour cinq trentains. Je donne les 300f au P. Barthélemy et un trentain à dire. Inscrivez quatre trentains.

Entendez-vous avec le P. Mathias pour propager la Retraite.

Envoyez 20f de ma part à M. Weyland avec quelques mots pour dire que nous compatissons à ses difficultés, mais que nous sommes pauvres. Tout vôtre + Jean du CoeurCœur de Jésus.

27. 04. 1897. B 20/2 (inv. 290. 43). P. Falleur

Cher fils,

Mon travail avance. Je reviens à mon projet de partir pour Innsbrück. Je serai donc du 9 au 20 à Innsbrück, à Paris le 24.

Avez-vous reçu pour moi quelques revues le XX° siècle?

Mettez le sceau à ces deux dimissoires et renvoyez-les moi par retour de courrier.

Je pensais que vous aviez donné 2.800f à Lefevre. Qu'est-ce que Jaurias? Legrue ne réclame-t-il pas?

Vous pouvez écrire de ma part au Rév. Supérieur des Chapelains de Kevelaer (Demandez à un de vos jeunes professeurs allemands de vous mettre l'adresse en allemand). Il vous enverra 1.000 messes. Mettez le sceau à la lettre. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

04. 05. 1897. B. 106/2 (inv. ) Cardinal Rampolla

Eminence Révérendissime,

A la veille de quitter Rome pour quelques mois, je ne veux pas aller de nouveau vous déranger au Vatican, mais je me fais un devoir de vous exprimer de nouveau toute ma reconnaissance pour la bienveillance si grande que vous avez daigné me témoigner. Je me mets de nouveau à votre disposition pour servir le Saint Siège avec tout le dévouement et toute l'affection dont je suis capable.

Je vous fait remettre pour le Saint Père un volume du P. Aubry. La doctrine en est très romaine. Je serais heureux que l'auteur obtînt au moins un petit accusé de réception avec une bénédiction.

Votre Eminence a daigné me dire un jour : « Faites donc quelques fondations en Italie ». Permettez-moi de vous faire une proposition que vous regarderez comme non avenue si elle n'est pas réalisable. L'église S. Joachim est dans un quartier populaire, elle était destinée aussi à l'adoration réparatrice. Les œuvres populaires et la réparation, c'est le but de notre institut. Peut-être le St Siège pourrait-il nous confier ce sanctuaire. Nous tâcherions de lui apporter un petit concours pécuniaire. Si vous agréez cette idée, Mgr Tiberghien pourrait me transmettre vos désirs. J'espère que le S. Cœur fera aboutir ce projet.

Daignez agréer, Eminence Révérendissime, l'hommage de profond respect avec lequel je baise votre pourpre sacrée,

L. Dehon, Sup. gén. des Prêtres du S. Cœur de Jésus, Via di Monte Torpea Tarpeo 54. 4 mai 97. 

(Lettre manuscrite autographe, Archives vaticanes 37584, pp.  293-294).

05. 05. 1897. B 20/2 (inv. 290. 44). P. Falleur

Cher fils, je pars seulement demain. J'attendais ici des recettes qui ne viennent pas, envoyez 400f au P. Barthélemy. St Joseph vous le rendra. Je serai jusqu'au 20 à Innsbrück (Sagengasse 7). Tout vôtre + Jean du C. de J.

09. 05. 1897 (de Milan) B 23/1. a (inv. 474. 17). P. Falleur

Dilecto in Christo (1 Tm 1, 2). On me retient ici pour faire une conférence sociale mardi soir. Je n'arriverai donc à Innsbrück que vendredi soir. J'y passerai une semaine. Je serai à Paris le 24, à l'hôtel que vous savez. „Laboremus dum tempus habemus” (Ga 6, 10). Recommandez au P. Cl. de recommencer une campagne de lettres pour St Martin. Il réussira. Tout vôtre L. D.

12. 05. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 18). P. Falleur

Je quitte seulement Milan après une bonne réception et une conférence faite à l'archevêché. Grands fêtes ici pour le XVèXVe centenaire de S. Ambroise. Je serai vendredi à Innsbrück. Un vivat à tous. Jean du C. de J.

15. 05. 1897. B 20/2 (inv. 290. 45). P. Falleur

Cher fils,

J'ai quitté le beau soleil d'Italie et je trouve ici un linceul de 30 cent. de neige, et il en tombe encore!! Les arbres ploient sous le fardeau.

Je serai à Paris le 24. N'envoyez pas de chapeau. Il me faudra peut-être un peu d'argent, je vous le dirai.

Mettez le sigillum à la pièce ci-jointe et envoyez-la. J'envoie des dimissoires à Lille, envoyez-en à St Sulpice.

Où trouverez-vous 5.000f pour Troyes?

Pour M. Vauthier répondez 1° que jusqu'ici nous avons fait acquitter des messes à son intention chaque année pour les intérêts (70f50) en juillet, mais que si désormais il préfère recevoir les intérêts, je les lui enverrai. Marquez à votre cahier les messes en retard à dire: pour 1895, 70, 50. Pour 1896, 70, 50: 141,00, soit 94 messes à 1f50.

Soignez-vous. Préparez-moi des comptes bien clairs.

On parle de renvoyer Majella, assurez-vous en avant de le chausser.

Je quitterai ici vendredi matin. Je m'arrêterai à Mulhouse pour voir le curé Cetty et à Nancy pour voir le caporal Paul Leroy. Je serai à Paris le lundi soir. Tout vôtre.

                                                               + Jean du CoeurCœur de Jésus

16. 05. 1897. B 25/3b.11 (inv. 521.61). Nièce Marthe

16. 05. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 20). P. Falleur

Cher fils,

Je reçois ici les 500f sur lesquels je comptais pour vous éviter un envoi à Rome. Ils ne sont pas perdus. Inscrivez les 501 messes. Acquittez de suite la première qui est indiquée comme devant être dite avant les autres.

Ayons toujours confiance, la Providence ne meurt pas. Veillez à tout avec charité et douceur.

Je ne passerai guère que deux ou trois jours à St Quentin. On m'attend à Bruxelles.

Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

17. 05. 1897. B 20/2 (inv. 290. 46). P. Falleur

Cher fils,

Je ne sais pas ce que c'est que cette facture, voyez-y.

Dites au bon P. Mathias que je lui donnerai la journée du 30, quoique je ne doive passer à S. Quentin que deux ou trois jours.

Mon vieux chapeau peut suffire à Paris. Envoyez à temps la soutane (ordinaire) et la houppelande d'été. Je fais ici de bonnes connaissances, le P. Hurter, le P. Nilles, etc.

A bientôt. Tout vôtre. Jean du C. de J.

Voyez si on peut mettre un confessionnal au S. CoeurCœur. On en vend de tout faits, simples et propres à Cambrai. Je serais content d'en trouver un.

J'ai en effet demandé un livre à Lecoffre en février. Payez-le.

21. 05. 1897 (de Luxembourg) B 20/2 (inv. 290. 47). P. Falleur

Cher fils,

Je suis venu d'Innsbrück ici, appelé par le Dr Hengesch pour une question d'achat de terrain. Je repars demain pour Nancy et Paris.

Casterman a sans doute perdu ma trace. Je n'ai pas reçu les épreuves pour la Revue. Il les a sans doute envoyés à Innsbrück ou à St Quentin. Si elles sont à St Quentin, envoyez-les de suite à Paris (Hôtel de Hollande, rue Radziwil), je les corrigerai là et les renverrai à Tournai.

Les lettres que vous m'auriez renvoyées ces jours-ci à Innsbrück me seront renvoyées à Paris.

Un vivat à tous. Jean du CoeurCœur de Jésus.

Le P. Benoît va assez bien. Les j. gens sont bien disposés.

24. 05. 1897 (de Paris) B 20/3. 2 (inv. 293. 59). Séverin Hamacher (?)

Mon cher enfant,

J'ai passé de bien bonnes journées avec vous deux. Mais les joies de ce monde sont toujours courtes et incomplètes. J'espère vous revoir aux vacances.

J'ai vu toute la maison de Clairefontaine au pèlerinage de Luxembourg. Le P. Recteur était fatigué. Le P. Benoît est encore un peu souffrant.

Je vous donnerai le Manuel à l'occasion et j'en enverrai un pour le P. Biederlack.

Soignez bien le P. Jean Bte. Quel bon souvenir je garde de notre excursion au „Lanser Köpfer”!

J'ai une lettre du Card. Ledochwinsky, pour la mission du Congo. Tout est en bonne voie.

Je serai samedi à Saint-Quentin et le 2 juin à Bruxelles.

J'ai vu nos étudiants de S. Sulpice, tous vont bien. J'irai demain à Issy.

Courage, travaillez bien. Votre tout dévoué. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

19. 06. 1897 (de St Quentin) B 16/6bis. 13 (inv. 122. 13) P. Falleur

                                 (en note à une lettre de Meyer)

Cher fils,

Envoyez à Dirani les 30.000f. S'il vous manque une facture de Tête, demandez-la.

Que faire pour Meyer? Si on pouvait avec 300f le sauver et nous débarrasser, ce ne serait pas cher. Mais je crains qu'il ne faille incessamment lui envoyer des ressources. Tout vôtre.

                                                              +  Jean du C. de J.

Préparez tout à Fourdrain pour les sulpiciens. Ecrivez à van Halbeek d'y aller aussi. Ils s'ennuieraient ici. Envoyez un Ordo (gratis) au F. Théophane ici.

24. 06. 1897. B 20/2 (inv. 290. 48). P. Falleur

Cher fils,

Léon Rattaire a toujours été un paresseux et un capricieux, nous le savions. Quant à lui payer tout ce qu'il demande, il faut d'abord qu'il le gagne, bien entendu.

Le P. Mathias n'a pas très bon esprit en ce moment, il faut le supporter et ne pas faire d'esclandre. Vous pouvez demander une chambre au S. CoeurCœur. Ci-joint une lettre pour le P. Blancal.

Je n'ai pas écrit à M. Lagrelette, écrivez-lui. Brogly est utile au S. CoeurCœur et le P. Gabriel le convoite. Que faire? Nous en causerons. J'espère rentrer le samedi 3. Tout vôtre.

                                                   Jean du CoeurCœur de Jésus.

Quand Meyer aura mangé les 300f, s'il nous écrit, que ferons-nous? Ne sera-t-il pas tenté de suicide?

25. 06. 1897. B 20/2 (inv. 290. 49). P. Falleur

Cher fils,

Veillez à ce que nos sulpiciens aient les deux volumes qu'ils désiraient à Fourdrain. Il ne faut pas qu'ils s'ennuient là et qu'ils courent dans leurs familles.

Il me semble qu'il y a longtemps que vous n'avez rien reçu de Criqueboeuf, rappelez-vous à la bonne amitié du P. Guérillon.

Je n'ai rien de marqué de Montligeon depuis janvier, est-ce exact? Rien d'Einsiedeln cette année? Avez-vous réglé de nouveaux comptes de St Jean?

Faites l'envoi de 30.000 à Beyrouth. Préparez l'inventaire. Tout vôtre.

                                                + Jean du CoeurCœur de Jésus.

25. 06. 1897. B 23/1. a (inv. 474. 20). P. Falleur

Vous avez oublié de me faire envoyer la Correspondant 1er juin, c'était pressé. Faites-le maintenant envoyer à Clairefontaine où je compte aller lundi. Tout vôtre.

                                                     +   Jean du CoeurCœur de Jésus.

03. 07. 1897. B 20/7. 5 (inv. 301. 05). Abbé Six

Mon cher confrère,

J'ai appris avec bonheur que votre santé est meilleure. J'espère que vous viendrez aux réunions du Val. En attendant le plaisir de vous voir, voici une petite négociation pour laquelle j'ai besoin de votre concours.

Les catholiques du Nord, à l'instigation de M. Vrau, voudraient donner une place au groupe ouvrier démocratique à leur congrès régional de novembre prochain.

Les ouvriers auraient leur jour et se réuniraient séparément et librement. Il me semble que nous ne pouvons pas refuser cela.

On nous offre la salle Ozanam pour les soirées du 14, du 15 et du 18 nov.

On voudrait avoir notre programme avant le 15 juillet pour le publier avec les autres.

Ayez la bonté d'agir auprès de Leclère; entendez-vous aussi avec M. Roux. J'en écris aussi à M. Harmel.

Il me semble que le récent congrès de Tours pourrait servir de base à celui de Lille. Arrangez cela vite et bien. Je pense que nous ne pouvons pas reculer. Votre bien dévoué L. Dehon.

06. 07. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 21). P. Falleur

Cher fils,

Tâchez d'avoir la signature de Chère Mère, elle y est d'ailleurs obligée légalement parce qu'elle m'a laissé recommencer l'année.

Je pense que le P. Rasset va vous appeler au S. CoeurCœur pour y être économe, c'est mon désir.

Priez beaucoup. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

08. 07. 1897. B 20/2 (inv. 290. 50). P. Falleur

Cher fils,

Il n'y a rien à craindre pour la location de la maison. Dès lors que j'ai recommencé l'année, j'ai le droit de la finir. C'est la loi (il y a tacite reconduction). Si Chère Mère signe on évitera l'amende, si elle ne signe pas, on la paiera, dites-le lui tout doucement par lettre.

Billet vous enverra 50f pour des messes.

Patience, n'exaspérons pas des malades. Tout vôtre Jean du C. de J.

10. 07. 1897. B 20/7. 5 (inv. 301. 06). Abbé Six

Mon cher ami,

J'ai lu avec soin votre synthèse sociale, c'est parfait. Publiez cela, vous rendrez un réel service.

Je n'ai pas de critique sérieuse à opposer au plan général. Divisez en chapitres, ce sera plus clair.

Page 1. „Vivre cette vie en vaut-elle la peine?” Qu'est-ce que c'est que cette citation?

P. 13. Donnez donc quelque développement, au moins en note, sur ce régime de l'Ancienne Loi.

P. 17. Il y aura toujours des pauvres et toujours des salariés, c'est aussi naturel que l'inégalité des conditions. On peut seulement en diminuer le nombre et améliorer leur situation.

P. 22-23. Vous demandez la suppression de l'impôt foncier, puis l'exemption de cet impôt pour les petites propriétés, c'est contradictoire.

L'impôt progressif sur le revenu surtout comme impôt général et unique est une utopie. Il est inquisitoire, soit; il est injuste, c'est pire, parce que les richesses mobilières se dissimuleront et la propriété sera écrasée.

Il existe en Italie, comme impôt d'appoint, les médecins déclarent tous qu'ils ne reçoivent par an que 200 ou 300f d'honoraires, les cultivateurs ne peuvent pas cacher leurs produits, ils sont écrasés…

P.25. Abolition de la juiverie et de la franc-maçonnerie. Développez un peu.

J'ai demandé au Bon Père pourquoi il n'aime pas votre catéchisme social. Il m'a dit que vous présentez trop les questions par leur côté difficile et controversé. C'est surtout une question d'opportunité. Le S. Père désire qu'on évite ce qui divise.

J'espère que nos ouvriers démocrates de Lille auront accepté leur place au congrès du Nord. Je leur proposais au nom du Comité de Lille.

Puissiez-vous venir à la réunion du Val au 16 août, j'aurais un grand plaisir à vous voir.

Tout vôtre. L. Dehon

10. 07. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 22). P. Falleur

Cher fils,

Vous recevrez l'argent de Mulhouse et 30f de Billet pour 30 messes. Vous pouvez accorder les 900f à Besançon, mais en déduction sur les 8.000 promis à Dirani. Envoyez les 40.000 int.

On ne supprimera pas les SoeursSœurs du Val parce que cette maison-là rapporte (dit-on). On cède aux intrigues, mais on reste pratique.

Il faut prier beaucoup. Il n'y a plus qu'un espoir, c'est que N. S. frappe et humilie le chef de l'intrigue.

Je vais seulement lundi à Clairefontaine. Au retour, je chercherai un lieu pour me reposer et travailler dans le calme. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

12. 07. 1897 (de Clairefontaine) B 20/3. 2 (inv. 293. 23). P. Falleur

Cher fils,

I. Il y a partout bon esprit, excepté au S. C. Le P. Paul est déjà converti à Sittard. Il m'écrit pour s'excuser. Il avait écouté un menteur. Je suppose qu'il s'agit du fameux J. qui m'accusait pour se faire valoir auprès de ses bailleurs de fonds (Soyez discret sur tout cela).

Le P. Bl. voyant que l'aventure ne réussit pas, se dépite et parle de s'en aller, fiat!

N'allez au S.C que si le P. Rasset vous y appelle.

Je suis très bien ici et je vais peut-être y séjourner quelque temps. Envoyez-moi un colis postal. Mettez dans le petit sac: une chemise de laine; deux paires de bas; quatre mouchoirs; quatre cols; le volume de sociologie du P. Antoine, quatre volumes des Encycliques, édition de la Bonne Presse. Un volume „Liberté de conscience”. Du papier et des enveloppes.

Si vous pouvez, par ex. s'il vient quelque chose de Tournai ou de l'oeuvre des expulsés, envoyez quelques cents francs au P. Casimir, vous savez mes motifs.

Tout vôtre de tout coeurcœur. Miseremini mei saltem vos (Jb 19, 21). + Jean du CoeurCœur de Jésus

Vivat au P. Mathias. Dites-lui que P. Paul est converti. Qu'il le dise tout doucement au P. Bruno

Veillez à ce qu'on ne manque de rien à Fourdrain, j'y tiens.

16. 07. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 24).; P. Falleur

Cher fils,

Je resterai ici jusqu'au 27, puis j'irai faire ma retraite.

Il ne faut pas entreprendre de commerce de vin à Troyes. Pour le transfert de la fabrique de savon, je ne sais que dire. Fayet n'a pas d'eau. A Fourdrain, il n'y a pas de chemin de fer. A St Quentin cela ferait jaser? Que faire?

Je pense comme Rattaire que vous devriez vous initier aux secrets. On pourrait peut-être mettre la fabrique à Oestres? A Rouvroy???

Le P. Paul est converti. Les autres y viendront. Le P. B. est fort dépité.

Chère Mère a-t-elle signé son bail? Vous pourriez demander une note à M. Louis expliquant que l'année commencée doit être continuée, sans dire à M. Louis de qui il s'agit.

Dites au P. Delloue de s'assurer une messe et un prédicateur pour la réunion des anciens élèves le 8 août. Je compte y être, mais je laisse les fonctions aux autres. J'ai fait ma part.

Le P. André a renvoyé Roblot dans sa famille. C'est un sujet très intelligent qu'il faut repêcher, parlez-en au P. Mathias et au P. Chatelain. Tout vôtre + Jean du C. de J.

18. 07. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 25). P. Falleur

Cher fils,

Le P. Irénée est converti aussi, Deo gratias! Il n'y en aura bientôt plus qu'un, vous savez qui.

Chère Mère a-t-elle signé le bail?

Vous ne recevez rien de Einsiedeln, Rennes, les Frères, les Lazaristes?

De grâce soyez en paix avec le P. Mathias même à prix d'argent. Il faut lui faire des concessions sur ses 3.600f. Il a de grosses charges à Fourdrain. Vous n'avez pas fait tout les deux ce qu'il fallait pour Fourdrain, on n'a rien trouvé d'organisé, pas de service, pas d'économe, pas d'argent. C'est le F. Deligny qui est économe. C'est humiliant pour les prêtres.

Pourquoi donner ce spectacle de nos divisions à tout le monde?

A Troyes, il faut signer Contant et Cie, sans mettre Madame. Les clients nouveaux ne sauront pas si Contant est un Frère ou ne l'est pas.

Merci pour l'envoi du sac, je l'attends. Ici l'esprit est parfait. Je m'édifie. Tout vôtre.

                                                            +  Jean du C. de J.

20. 07. 1897. B 107/2 (inv. 1162.71). S. Congr. Ev. et Rég.et Rég.

24. 07. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 26). P. Falleur

Cher fils,

1. Pour le congé du F. Léon, cela m'est un peu égal, c'est une dépense peu utile, mais il faut le ménager.

2. Je réponds à Grenoble que nous pouvons nous charger des messes quotidiennes. Vous me les donneriez pour la plupart, en nous réservant le mercredi et le samedi.

3. Le terrain de St Martin est à vendre avec tous ses bâtiments et dépendances pour 100.000 francs.

4 Ayons beaucoup d'égards pour les Blanc. Ils ont eu dix rudes années de missions. Dans toutes les Congr. on reçoit les missionnaires avec des égards. Je veux qu'on le fasse chez nous.

5. J'irai le 28 à la Trappe de S. Remy par Rochefort (prov. de Namur) faire quatre jours de retraite. Vous pouvez m'y envoyer mes lettres que je n'ouvrirai que si elles portent la mention „urgent”.

6. Le lundi 2, je me rendrai de St Remy à Fourdrain. Prévenez à Fourdrain pour que l'on me prépare une chambre.

7. Le 6 je rentrerai à St Quentin. Vous préviendrez mes pénitentes (Mme Malézieux et Arrachart). Je serai à leur disposition au S. CoeurCœur dans la matinée du 7.

Soyez bon et poli pour tous. Vince in bono malum (Rm 12, 31).

Commencez à préparer les 3.500f dûs à Mme Lecomte. Tout vôtre

                                                                              + Jean du CoeurCœur de Jésus.

Demandez au P. Mathias s'il pense que je doive mettre F. Denis Huselstein ou F. Paul Camus au Val l'an prochain? On désire que je remplace F. Arbogast. Ou bien en a-t-il un autre à proposer?

25. 07. 1897 (de Clairefontaine) B 25/3.B (inv. 521.62) - original [ = B 18/11bis. 6 (inv. 222. 06) - Photocopie]. Sa nièce Marthe

Ma chère nièce,

Je n'oublie pas la sainte Marthe et je prie la chère sainte de se montrer bien généreuse cette année pour toutes ses protégées mais particulièrement pour ma nièce. C'est une sainte bien puissante auprès de Notre-Seigneur. J'espère qu'elle usera largement de son crédit. Il faut que ses bénédictions soient assez abondantes pour qu'il y en ait une part pour les deux espiègles.

Je voudrais bien que mon bon Henri gardât fidèlement les grâces de sa 1ère communion. Il a certainement bien fait les choses ce jour-là, mais tout n'est pas fini pour cela. Il faut qu'il acquière assez de caractère et de vertu pour se défendre lui-même contre les tentations qu'il rencontrera. Quant au petit Jean, on ne lui demande pour le moment que de bien obéir, cela comprend tout pour lui. Je les embrasse bien tous les deux.

Bonne fêtes et bonnes vacances. Mes meilleures amitiés. L. Dehon.

 (//Jointe à cette lettre du P. Dehon, une autre de son frère Henri, à sa fille Marthe, pour sa fête).//

6. 07. 1897. B 23/1. a (inv. 474.21). P. Falleur

Cher fils, si le Fr. Martin est envoyé à Marsanne, payez son voyage. Omnia in charitate fiant (1 Co 16, 14). On est partout à l'apaisement. Deo gratias! Tout vôtre. Jean du C. de J.

26. 07. 1897. B 23/1. a (inv. 474.22). P. Falleur

Cher fils,

1° Envoyez à Fourdrain la „Justice sociale” et les diverses revues sociales (Assoc. catholique, Démocratie chrétienne, Sociologie chrétienne), sauf le XXèXXe siècle (n° de juillet) dont j'ai besoin.

2° Demandez en librairie le volume de Sabatier sur lequel Mgr Mignot et M. Philippot ont écrit. Vous trouverez le titre et l'éditeur dans la brochure de Mgr Mignot (dans ma chambre).

Tout vôtre. Jean du C. de J.

29. 07. 1897. B 23/1. a (inv. 474.23). P. Falleur

Payez la cotisation de S. Xavier.

Le prêt ne me plaît guère. Je ne connais pas cette famille. Je ne m'oppose pas, si vous avez confiance. Je réponds à M. Lhotte. Priez charitablement le P. Claude de préparer des comptes complets, et factures, mémoires, etc. Ecrivez à P. Jacques pour lui expliquer quel pouvoir son frère doit donner. Ce pouvoir est urgent et pressé. Je serai à S. Q. du 6 au 14.

Tout vôtre. Jean du C. de J.

08. 08. 1897. B. 36. Discours du P. Dehon aux anciens élèves de Saint-Jean.

Texte tiré du bulletin « Association amicale des anciens élèves de l'Institutions Saint-Jean », 14ème compte-rendu, 8 août 1897, pp. 26 - 31.

(Introduction de l'auteur du compte-rendu : « Dans son improvisation, M. Dehon fait passer toute son âme. Quel bonheur de l'entendre, car il est toujours pour nous ce

  //Guide aimable et savant, dont la voix éloquente//

En élevant notre âme, éclaire notre esprit.

Les absents liront volontiers ce discours qu'ils n'ont pas entendu ; les présents seront heureux aussi d'en faire renaître en leur mémoire les accents vibrants »)

Pour délivrer notre Trésorier du devoir qu'on lui impose de prendre la parole, je m'en acquitterai à sa place.

Je salue en vous des anciens et des jeunes.

Anciens, tel est le titre que vous prenez et comme anciens, vous revenez pour rafraîchir vos souvenirs.

Ce n'est pas que dans la vie de collège, tout soit absolument rose. On pourrait lui appliquer, à cette vie de collège, ce que dit un certain auteur dans Les désagréments d'un voyage d'agrément : « On voyage, on va voir les merveilles de la Suisse, on admire ces montagnes, ces lacs si beaux quand le soleil les illumine, et ces glaciers merveilleux perdus dans les nuages. Mais en contemplant cela, il arrive que dans ce voyage d'agrément on perd sa malle, on manque sa correspondance, on a un voisin qui ronfle, le vin d'hôtel est aigre et le dîner froid. Les petites misères se succèdent. Cependant tout cela s'oublie et au retour on ne se souvient que des jours heureux ».

Ainsi en est-il de la vie de collège : elle a bien ses ennuis que l'on oublie, pour ne garder qu'un heureux souvenir.

Rappelez-vous d'abord vos impressions religieuses. Tout à l'heure en assistant à la messe, j'admirais ce grand Sacré-CoeurSacré-Cœur qui semble être une sorte de vision et je me disais : comme la vue de cette statue doit parler à nos élèves quand ils viennent à la chapelle, par exemple à la messe du matin, eux qui la voient en face tandis que nous ne la voyons que de côté, de nos stalles !

Et le banc de communion ? Que de souvenirs émouvants ne rappelle-t-il pas !… Et ces petits bancs sans dossier de votre première communion, où nous vous avons vu verser quelques larmes, ne niez pas. Ces souvenirs reviennent avec émotion.

Il y a encore des souvenirs scolaires : les professeurs maussades, mais braves gens.

Voyez ce cher Monsieur Labitte, véritable apôtre. Comme il redoublait ses catéchismes à l'approche de la première communion ! Que de dévouement chez lui ! Aussi la différence qu'il trouva entre les enfants de Saint-Jean et ceux de la campagne lui fut particulièrement sensible. Il est mort à la peine, souffrant de ne plus avoir ses premiers communiants d'autrefois et s'ennuyant après eux.

Et ce bon Monseigneur Mathieu, avec sa grande dignité qui lui valut les honneurs de la prélature. Il était aussi des nôtres par l'intérêt qu'il portait à la maison.

Et Monsieur Lefèvre Arnould, qui veillait si bien à ce que les petits enfants fussent propres, polis et bien élevés. Il faisait en cela oeuvre d' éducateur.

Et Monsieur Marchal qui, revêtu d'une grande blouse blanche par dessus sa soutane, a peint notre chapelle et qui préparait les déclamations de nos fêtes scolaires : c'était un artiste et un poète.

Il faut aussi rendre hommage à la sagesse, à la gravité, à la haute raison de Monsieur le Professeur de Philosophie, à la sagesse de Monsieur le Supérieur actuel à qui vos suffrages accordaient autrefois le prix d'honneur.

Tels sont les souvenirs d'antan.

Je ne parle pas des condisciples : ce pauvre Payen toujours enjoué, toujours affable, dont nous nous rappelons l'aménité, et qui a laissé parmi nous, n'est-ce pas vrai ?, le plus aimable souvenir ? Rappellerai-je le souvenir des anciens trésoriers et présidents de conférence, et les merveilleuses loteries qu'ils organisaient ? Quelques-uns se trouvent ici ; ne blessons pas leur modestie.

Vous êtes anciens. Je salue en vous des jeunes.

Dans le bon vieux temps, en Israël, quand tout allait mal, Judas Macchabée disait : 'Il faut des jeunes qui aient un idéal assez vivant pour courir sus à l'ennemi', et après avoir réuni un groupe de vaillants, il ajoutait : 'Voilà ce qui reste d'honneur et de sainte espérance en Israël, quidquid est honoris et sanctae spei'. (Cf. 2 M 13, 15 ; et 15, 17)

En notre temps un autre Judas Macchabée fait entendre sa voix et adresse un appel à la jeunesse : c'est Léon XIII. Parlant à cette jeunesse, tant dans son admirable Encyclique que dans ses lettres ardentes à divers congrès de jeunes gens, il lui dit qu'il compte sur elle : c'est l'espérance de l'Eglise.

Les vieux sont comme La Fontaine, au temps où il décrivait les désillusions de la vie sous le symbole de Perrette qui voit tomber son pot au lait. Les jeunes savent que le pot au lait ne tombe pas toujours ; ils continuent leur chemin et vont en avant quand même, sans se décourager. Ils travaillent pour l'Eglise et la Patrie…

Nous sommes dans le deuil, nous aussi. Comme au temps de Judas Macchabée, le temple est profané par l'athéisme légal ; les sectaires voudraient arracher Dieu du coeurcœur des petits enfants. Les monastères voient attacher d'odieux scellés sur leurs chapelles et reçoivent des sommations pour payer des impôts iniques.

La Patrie est attristée. Vous arrive-t-il quelquefois de sortir des frontières de votre pays ? Pour moi, cela m'arrive assez fréquemment à l'occasion de la visite des différentes maisons de notre Oeuvre. A l'étranger on nous dit : 'Eh bien ! votre France, elle en fait de belles ; vous ne voulez plus Dieu, vous persécutez ses ministres, vous opprimez les religieux'.

'La France est le pays qui ne prie pas, disent les Musulmans. Si mon âne savait parler, il publierait les bienfaits de son Créateur et vous les méconnaissez'.

La patrie est humiliée.

Jeunes gens, il faut agir. A votre âge on doit avoir l'esprit de combativité. Les jeunes gens doivent savoir se montrer.

A Versailles, ils ont su opposer leur indignation à cette police absurde qui empêchait un prêtre, sur le parvis de son église, de bénir la foule assemblée.

A Lille, à Reims, à Lyon on a vu les jeunes gens défendre le drapeau de la France, orné du Sacré-CoeurSacré-Cœur, contre une police stupide.

On a vu les jeunes étudiants de Lille rappeler au bon sens conférenciers et conférencières socialistes.

A cet âge, on sait besogner gaiement. C'est l'âge du gai devoir, l'âge de la sainte espérance.

Je salue la jeunesse catholique du Vermandois, puisque maintenant il y a une jeunesse catholique qui a son organe.

En Normandie, en Bretagne, à Lyon, cela existe. Je n'espérais pas qu'à Saint-Quentin on arriverait à de tels résultats. C'est un acte de hardiesse. Je suis fier, jeunes gens, de votre audacieuse entreprise. Ne dût-elle durer que six mois, un an, ce sera votre honneur. Dans l'histoire on dira qu'à Saint-Quentin, pays indifférent, il y a eu des jeunes qui n'ont pas craint de publier un organe de la jeunesse catholique.

Je sais qu'on a hésité un moment à mettre en tête du journal ce mot « catholique », on avait pensé à celui de jeunesse conservatrice.

Conservatrice, non… Qu'est-ce que cela veut dire conservateurs ? Les conservateurs ne conservent rien. On a eu raison de mettre catholique. Le bon Dieu bénira leur entreprise. C'est une affirmation de foi dont je suis fier pour Saint-Jean.

Unissez-vous tous à cette jeunesse ardente, afin de porter fièrement la bannière de Saint-Jean. Si vous le voulez, vous pouvez changer l'esprit de cet arrondissement de Saint-Quentin. Voyez. Quelques-uns de ces jeunes gens ont empêché le succès d'une réunion socialiste à Origny.

Ne craignez pas de vous montrer : habituez-vous à la parole en public. Vous commencez par être journalistes, demain vous serez conférenciers. Vous pourrez alors user avantageusement des principes de rhétorique que vous a enseignés Monsieur Rigaut.

Quand vous vous montrerez tout le monde vous suivra. Montrez-vous donc un peu. Allez courageusement. Formez-vous. Secouez vos populations. Si on fait cela partout, on remerciera la France qui rendra à l'enfance son catéchisme, à la religion sa liberté et à Dieu l'honneur qui lui est dû.

Quelle gloire pour les jeunes gens qui auront contribué à ce réveil de la France ! Je désire que vous en soyez tous ! A la jeunesse ! ! !

(Commentaire du rédacteur : « Les applaudissements retentissent dans toute la salle ». Arrive à ce moment un télégramme de notre président en villégiature à Urvillers : Prie Monsieur Dehon être auprès des anciens interprête des sentiments affectueux de leur président souffrant et garder bonne part pour lui. Cornaille »)

9. 08. 1897. B 20/7. 5 (inv. 301. 07). Abbé Six

Cher confrère,

Etes-vous bien renseigné sur Mgr Stojalewski, que vous donnez dans la Démocratie comme un prêtre apostat? Il est vrai qu'il a été interdit, mais uniquement pour cause politique. Il est actuellement chez nos amis de l'Œuvre de Plaisance. M. Lorin vient de faire le voyage de Rome pour y plaider sa cause. Il est vraiment le chef de la Démocratie chrétienne en Galicie et il y est tout-puissant, ce qui ne plaît guère à l'empereur d'Autriche. Il n'est pas du tout opposé à Lueger. Demandez donc à M. Boyreau ce qu'il en pense.

M. Toniolo vient de mettre en brochure ses articles de la Rivista internazionale sur le Concept de la démocratie chrétienne. C'est superbe, il va faire traduire cela en français. Je crois que vous devrez le reproduire entièrement. Vous savez que Toniolo est regardé comme le plus fort des sociologues.

J'espère vous voir au Val. A bientôt. Votre bien dévoué L. Dehon.

09. 08. 1897. B 104/2 (inv. ). Toniolo

La ringrazio assai dell'invio del suo libro „La Democrazia Cristiana”. E' cosa perfetta, spero di vederla quanto prima tradotto in francese. Esso contribuirà molto a placare le controversie in Italia, in Francia, in Belgio e in Germania.

Ella ha pienamente dimostrato ciò che è sostenziale nella Democrazia razionale e cristiana, cioè la cura principale dei poveri, come risultato del regno della giustizia e della carità.

Quanto alla seconda parte, eccole alcuni miei punti interrogativi:

a) Si capisce essere ella d'avviso che la Democrazia Cristiana inclina alla forma di governo popolare, di più accentrata; ciò che è non può a meno, in ultima analisi, influire sull'aspetto politico degli Stati. Io la penso in proposito come Lei; ma ciò ammesso, la spada di Damocle pende sulla testa del Re.

Di quest'ultimi giorni mi incontrai con il Re del Belgio, il quale paventa la Democrazia Cristiana nèné più ne meno che il socialismo.

b) Sotto il rapporto sociale, ella prevede da parte delle camere o Parlamenti una rappresentanza professionale. E anch'io penso che un giorno o l'altro si arriverà fin là: ma poi un governo con tre Camere non costituirà una babele? In paesi democratici come la Francia e il Belgio, la Camera professionale potrà sostuire il Senato; in Paesi aristocratici, come l'Austria e l'Inghilterra, potrà essa rimpiazzare il Senato aristocratico ed il Parlamento borghese?

c) Quanto al lato economico, la Democrazia servirà allo scopo di una più equa ripartizione delle ricchezze. E per questo Ella è d'avviso che si appoggi l'imposta progressiva, che è oggi uno dei punti più dibattuti.

Ho così con semplicità esposto alcune piccole dificoltà. Un libro come il suo è destinato a far progredire le questioni. Ed io per mio conto la ringrazio di cuore.

12. 08. 1897. B 20/7. 5 (inv. 301. 08). Abbé Six

Je penserai à votre pèlerinage tous ces jours-ci au Memento. Puissions-nous obtenir cette faveur de la sainte Vierge.

Pour vos projets d'avenir, je vous exprime simplement une pensée à laquelle vous réfléchirez. Vous avez en vue une oeuvre d'étude et une oeuvre d'apostolat ouvrier. Ces deux oeuvres ne peuvent être menées de front dans la même maison. L'étude demande le calme et la solitude.

L'oeuvreœuvre d'apostolat comme à Seraing ne laisse pas de loisirs pour étudier. L'oeuvreœuvre d'apostolat a besoin de beaucoup d'argent, il lui faut la sympathie des patrons, elle est inconciliable avec une oeuvre de propagande démocratique.

Les missionnaires du travail de Seraing se sont éloignés de M. Pottier pour avoir accès auprès des patrons, ils publient un petit journal anodin, une vraie Semaine religieuse.

Voici comment je concevrais votre oeuvre: 1° une maison d'étude quelque part pour la publication de la Revue et d'autres travaux. 2° des maisons de travail (genre Seraing) dans nos grands centres industriels, Lille, Roubaix, Reims, etc, etc.

Notre oeuvre peut se prêter à cela, tout en gardant son but premier, „prière et réparation au S.C.”, qui n'empêche pas les oeuvres, mais qui peut au contraire les féconder toutes.

N. S. montrera sa volonté. Votre bien dévoué. L. Dehon.

23. 08. 1897 (de Nîmes) B 23/1. a (inv. 474.24). P. Falleur

Cher fils, me voici arrivé à bon port. Je loge chez les PP. de l'Assomption, rue de la Servie. Vos lettres me trouveront. Je quitterai d'ici vendredi et rentrerai le 30 à St Quentin.

Tout vôtre. Jean du C. de J.

26. 08. 1897. B 23/1. a (inv. 474.25). P. Falleur

Cher fils, je n'arriverai que dimanche soir ou lundi midi.

Préparez tout pour la retraite, logements et repas. Entendez-vous avec les supérieurs et économes de St Jean et du S. CoeurCœur. J'acquitte vos 7 messes. Tout va bien ici. Tout vôtre.

                                                                             +  Jean du C. de J.

28. 08. 1897 (de Sittard). B 23/1. a (inv. 474.26). P. Falleur

Mes projets sont modifiés par l'enterrement du F. Dalmas, et les préparatifs du Congo. Je vais demain à Bruxelles et vendredi à S. Quentin. J'écris à P. Jacques d'y renvoyer mes lettres.

Tout vôtre. Jean du C. de J.

Août 1897 B 9/20 (inv. 76.00). P. Jules du SC, Commissaire général au Tiers-Ordre

(copie dactylogr.)

Mon révérend Père,

Vous me demandez mon impression sur le Congrès de Nîmes. Je la résumerai en deux mots: ce sont de bonnes journées pour le développement du Tiers-Ordre et pour le relèvement de la France.

Quel ensemble séduisant et propre à laisser à l'âme comme le parfum d'une fête que ses trois jours de belles réunions franciscaines si vivantes, si enthousisatesenthousiastes! Et cette présidence incomparable du T. R. P. David, avec sa grande largeur d'esprit et de vues! Et cette aimable hospitalité des Pères de l'Assomption! Ce mélange d'humbles religieux et d'hommes du monde, officiers de marine, philosophes, hommes de lettres! Et pour le couronnement, l'éloquent discours de Mgr Béguinot sur l'enthousiasme, discours correspondant si bien à l'état mental de l'auditoire! Et le beau pèlerinage aux Saintes-Maries, à cette plage privilégiée qui a vu aborder les amis du Sauveur, quand ils apportaient à la France les prémisses de l'apostolat et le don du CoeurCœur de Jésus!

L'idée dirigeante de ces Congrès, la Commission d'études réunie au Val-des-Bois en 1893 l'avait admirablement définie. Il fallait „rechercher les moyens d'organiser, en une puissante unité d'action, les forces du Tiers-Ordre et le ramener au rôle social qu'il tient de son institution, afin de répondre à la pensée et aux espérances de S. S. Léon XIII”.

Le Tiers-Ordre, semblable en cela à tout ce qui vit sur terre, n'avait pas traversé les siècles sans se laisser entamer par la rouille. Et quand tous les esprits étaient plus ou moins imbus d'idées régaliennes et gallicanes, il s'était résigné, lui aussi, à sortir de la vie sociale. Il était devenu comme une pieuse confrérie propre à aider ses membres pour leur sanctification personnelle, mais absolument inefficace pour le règne social de JESUS-CHRIST.

Mais Pie IX avait condamné le naturalisme contemporain et l'athéisme social, et Léon XIII cherchait les moyens de rendre la société au Christ. Le grand Pontife avait jeté les yeux sur le Tiers-Ordre. Léon XIII est historien autant qu'il est théologien et philosophe; il savait le rôle social qu'avait joué le Tiers-Ordre dans les siècles chrétiens. Il a remarqué que les maux de notre société étaient analogues à ceux du douzième siècle. Il a pensé que le même remède les pourrait alléger, il nous a conviés à y recourir.

Qui allait lancer ce mouvement? Celui qu'on appelle le Bon Père, M. Harmel, avait constaté dans son usine la merveilleuse influence du Tiers-Ordre. Il pria humblement quelques hommes marquants de l'Ordre franciscain de se réunir au Val-des-Bois en une Commission d'études, et ce fut le point de départ de nos Congrès.

Quel était le but à atteindre? Développer le Tiers-Ordre, le rendre plus viril, plus agissant, plus social. En indiquant ce but, la Commission traçait d'avance le programme des futurs Congrès; en demandant la nomination d'un Commissaire général, elle créait l'organe nécessaire pour mettre en oeuvre les instructions de Léon XIII.

Le premier Congrès tenu à Paray-le-Monial, sous les auspices du Sacré-CoeurSacré-Cœur, a été un magnifique écho des directions pontificales.

Il a demandé aux Tertiaires de ne pas s'isoler de la vie sociale et publique, et de considérer comme un devoir de travailler à faire prévaloir dans la société les principes chrétiens et l'influence sociale de l'Eglise. Il a recommandé l'étude des questions sociales et signalé les abus du capitalisme moderne.

N'a-t-il pas été aussi l'exact interprète de l'Encyclique Auspicate quand il a émis le voeuvœu que l'on s'attache à réorganiser et à développer les Fraternités d'hommes, et que les Tertiaires concourent à fonder les institutions propres à organiser équitablement et chrétiennement le travail?

Ce beau Congrès avait bien mérité du Saint-Père, il en a reçu la plus belle récompense qu'il pouvait ambitionner, un Bref superbe qui le louait de „travailler avec tant d'ardeur à faire revivre, au profit de la cause sociale, la puissance que le Tiers-Ordre avait à son origine”.

Les Congrès de Limoges et de Reims ont pris pour base le même programme, en développant tantôt un point tantôt un autre.

Le thème fondamental était nécessairement le même. Il a 5 chapitres principaux: recrutement, organisation, sanctification personnelle, action sociale, études sociales.

Pour le recrutement, il faut aller aux hommes, aux jeunes gens surtout, et les enrôler dès le collège, le patronage, le séminaire.

Pour l'organisation, elle a pour organes généraux les Commissaires et les Congrès; elle sera aidée par l'Annuaire, elle réclame des signes distinctifs, des hôtelleries, des journaux spéciaux et des Revues.

Pour la sanctification personnelle, il importe de se garder du luxe contemporain et des plaisirs mondains; de concourir aux oeuvres de prière, de pèlerinage, et d'adoration eucharistique.

Pour l'action sociale, le thème est très vaste.

La nécessité des études sociales pour les Fraternités d'hommes et prêtres a été affirmée dans tous les Congrès. Ces études doivent embrasser les principes généraux de l'économie chrétienne et les questions spéciales de la situation pénible des ouvriers, des abus du capitalisme, des monopoles, des souffrances de l'agriculture, du petit commerce et de la petite industrie.

Mais les études ne sont que la préparation de l'action sociale. Elles doivent amener les Tertiaires à prêter leur concours à la bonne presse et aux associations catholiques, notamment aux sécrétariatssecrétariats du peuple, aux caisses rurales de crédit.

Telle a été l'oeuvreœuvre des Congrès précédents, et ces questions seront encore le thème des Congrès futurs où on les approfondira davantage.

Mais le caractère propre du Congrès de Nîmes, c'est d'avoir fait la synthèse de l'admirable travail de ses prédécesseurs. Cette synthèse avait été préparée par le recueil et la classification des voeuxvœux émis à Paray, Limoges et Reims.

Le Congrès de Nîmes ne travaillait donc pas à l'aveugle. Il avait une base solide. Il partait de positions acquises et s'avançait au-delà, prudemment autant que vaillamment. Il avait été préparé par des stratégistes.

Il a bien accompli sa besogne. Il a confirmé les voeuxvœux de ses prédecesseursprédécesseurs sur le recrutement nécessaire des hommes et des jeunes gens. Il nous a dépeint l'organisation idéale d'une Fraternité en nous montrant l'oeuvreœuvre du P. Pascal, à Roubaix.

Il a porté de rudes coups au capitalisme et à l'agiotage par la parole aussi ardente qu'éclairée du T.R.P. Ferdinand, de M. Lapeyre et de M. Chabry. Il s'est terminé dans l'éblouissement du superbe discours de Mgr Béguinot.

„L'enthousiasme, nous a-t-il dit, c'est ce qu'il y a de plus beau sur la terre. L'enthousiasme, c'est l'ardeur dans l'amour, c'est la poésie du coeurcœur et de la volonté…

Saint Paul était un enthousiaste, l'amour du Christ le pressait, on taxait son ardeur de folie: nos stulti propter Christum (1 Co 4, 10). Les sots prennent l'enthousiasme pour du fanatisme. Le zèle de saint Paul a remué le monde et assuré la victoire du christianisme…

Saint François d'Assise était un enthousiaste. Il a vu les souffrances du peuple, en ce douzième siècle où le paganisme se réveillait, où l'Eglise était déchirée par les sectes des Bégards, des Vaudois et des Albigeois. Il a soulevé le monde avec le levier de l'amour. On l'appelait un fou. Et sans doute, c'étaient aussi des fous que ces cinq mille moines du Chapitre des Nattes. Mais ces moines, aidés par les Tertiaires, ont transformé la société et préparé les splendeurs du treizième siècle…

Aujourd'hui, nous sommes en face d'un nouveau réveil du paganisme dans les moeursmœurs, dans la littérature et dans la vie sociale. Il nous faut un nouvel essor d'enthousiasme. Il nous faut ranimer au contact du grand zèle de Paul et de François d'Assise. Vous êtes tous désignés pour cela, chers enfants de saint François, et notre grand Pontife Léon XIII fait appel à votre foi et à votre coeurcœur. A l'oeuvreœuvre donc, au travail, avec l'enthousiasme des saints, pour refaire une société chrétienne:…”

C'est cette synthèse, mon Révérend Père, que votre beau compte rendu va nous donner. C'est cet élan d'enthousiasme qu'il va ranimer. Il faut qu'il soit désormais comme le Manuel et le Catéchisme des Fraternités. Nos Directeurs peuvent être sûrs qu'en l'adoptant à ce titre ils répondent aux voeuxvœux ardents de notre Père bien-aimé, Léon XIII.

Agréez, etc…. L. Dehon.

Actes du Quatrième Congrès du Tiers-Ordre Franciscain tenu à Nîmes du 23 au 27 août 1897. Commissariat Général Grottes de S. Antoine (Brive, Corrèze).

Page 120: Il fallait une conclusion. Le T.R.P Dehon la donne. Sa parole fut l'étoile directrice.

Il faut distinguer la richesse générale et la richesse personnelle. Par la richesse générale, j'entends la prospérité dans son ensemble, avec tous les éléments du progrès, aisance générale, développement de l'art chrétien, de la littérature chrétienne.

Nous devons désirer la prospérité générale pour la gloire de Dieu, pour le bien de notre patrie. Nous pouvons aussi désirer la richesse du prochain. L'Eglise dans sa liturgie appelle les bénédictions de Dieu sur les biens de la terre et lui demande la prospérité des peuples et des familles, dans ses oraisons et ses bénédictions.

Pour la richesse personnelle, nous ne pouvons la désirer qu'avec modération et avec la subordination au règne de Dieu: Quaerite primum regnum dei et justitiam ejus et haec omnia adjicientur vobis (Mt 6, 33). Ce sera la bonne-main que Notre-Seigneur nous permet de désirer avec modération, comme récompense de la recherche du règne de Dieu.

Page 142: Le T.R.P. Dehon clôt la séance par un court appel à l'obéissance au Pape, principal organe de la vérité sur la terre: „A la fin de cette journée consacrée à l'étude de la vérité, il convient d'envoyer un salut à celui qui est le principal organe de la vérité sur la terre: au Pape.

Ce n'est pas en vain que NOTRE-SEIGNEUR a dit aux apôtres: „Allez, enseignez (Mt 28, 19); Qui vous écoute, m'écoute” (Lc 10, 16); et à Pierre: „Pais mes agneaux (Jn 21, 15); confirme tes frères” (Lc 22, 32).

Pierre n'a pas seulement le droit absolu de définir les vérités de foi, il a aussi la mission d'expliquer les vérités définies, d'en dire les applications, de préparer par ses enseignements les définitions à venir. Et c'est toujours une faute de ne pas donner à ces enseignements l'adhésion de nos intelligences. Quand ce n'est pas une hérésie, c'est au moins une témérité.

Les Encycliques de Léon XIII ont droit à notre obéissance la plus complète et aucun prétexte ne peut nous en dispenser. Les enfants de saint François n'ont jamais marchandé leur docilité au Pape. Saint François se tenait aux pieds du Vicaire de JESUS-CHRIST avec toute la docilité de son coeurcœur. Ses disciples n'ont point attendu que les doctrines enseignées par l'Eglise fussent définies pour y adhérer. Ainsi ont-ils fait pour l'Immaculée-Conception, ainsi veulent-ils faire pour les Encycliques de Léon XIII.

Quel contraste! Un journal protestant, le Temps, disait que Léon XIII est devenu, par son génie, le Benjamin de ce siècle!… et il y a des catholiques qui s'éloignent de Léon XIII…

Les ouvriers socialistes, réunis à Berne, ont acclamé le Pape des ouvriers, et il y a des catholiques qui auront, peut-être, une joie secrète quand nous les perdrons!

Au Concile, il y avait aussi des hommes qui refusaient au Pape la docilité qu'ils lui devaient, et l'évêque d'Urgel leur dit un jour, avec émotion, comment il recevait les documents de Rome: 'Il les portait à ses lèvres et à son front avant de les ouvrir, pour exprimer la docilité de son intelligence et l'affection de son coeurcœur' . Faisons de même et consolons notre père par notre obéissance!”

La puissance de l'idée, l'émotion de l'orateur pour la grande cause qu'il défendait, frappent l'assistance qui acclame le T.R.P. Dehon.

Page 233: Après ce beau discours, le T.R.P. Dehon demande que la famille soit regardée avant tout comme le fondement à sauvegarder. Il faut le modeste nécessaire de Nazareth, un foyer où le peuple soit chez lui. Nous avons senti le mal, nous avons élevé à l'entour des remparts pour nous défendre, nous n'avions pas songé à boucher la voie d'eau qui faisait sombrer le navire. L'organisation sociale désagrège les membres du foyer. Un petit nid pour le père, la mère, les enfants… Les oeuvres habituelles sont des palliatifs. Léon XIII nous a montré le remède, l'action de l'Etat et l'action des corporations pour établir le repos du dimanche, pour favoriser la fondation de logements ouvriers, sains et habitables, et pour supprimer le travail des femmes à l'usine.

Avec une pénétration que partage l'assistance, l'orateur traite de ce désordre social par excellence, la désorganisation des foyers et ses causes économiques. Des bravos faits d'émotion accueillent ces nobles paroles sociales.

Page 297: Le T.R.P. Dehon fait remarquer très justement que le Tiers-Ordre n'entre pas comme association dans une action électorale, mais recommande à ses membres l'effort individuel.

Page 392: Le Congrès de Nîmes remercie ses organisateurs qui ont mis en ordre les voeuxvœux des Congrès précédents. Nos voeuxvœux, en effet, ne doivent pas rester lettre morte, mais aider les Tertiaires et les Fraternités à conformer leur activité aux directions pontificales et aux besoins de la société actuelle. Le Congrès soumet ce recueil à l'examen de nos Supérieurs généraux et leur exprime la pensée qu'il pourrait être utile de recommander aux Directeurs des fraternités de le distribuer aux frères et aux soeurssœurs (T.R.P. Dehon).

12. 09. 1897. B 20/2 (inv. 290. 51). P. Falleur

Cher fils,

J'espère que tout ira bien à Fourdrain, mais je voudrais vous y voir plus entouré et soutenu. Peut-être aurez-vous avec Pépin un latiniste alsacien de 26 ans.

J'écris à S. Hyacinthe. Je demande 1.500 par mois.

Ecrivez à Pépin pour vous entendre avec lui.

Demandez des intentions à Grammont et aux environs.

Cherchez la vie intérieure avant tout. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus.

13. 09. 1897. B 20/2 (inv. 290. 52). P. Falleur

Cher fils,

Répondez à F. Léon et envoyez l'argent que vous croirez convenable. Sa visite chez lui paraît légitime, mais il nous coûte beaucoup. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

16. 09. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293.27). P. Falleur

Cher fils,

L'exposition de Bruxelles n'est pas grand chose, c'est une foire. Passez plutôt par Lille. Voyez M. Cornu et le Vice-recteur Didiot et demandez-leur un professeur de 3è (ecclésiastique ou laïque) pour S. Jean.

Le P. Delloue ne se remue pas beaucoup et au dernier moment il nous demandera de lui donner Cottart ou Bertrand, ce sera encore une vocation perdue.

Le P. Jean Bte vous attendra à Fourdrain pour le remplacer.

Sursum corda. Vigilita et orate (Mt 26, 41). Tout vôtre. + Jean du C. de J.

Quêtez des messes.

06. 10. 1897. B 20/2 (inv. 290. 53). P. Falleur

Cher fils,

J'ai reçu les lettres que vous m'envoyez, il n'y en a pas de M. Harmel.

Le P. Barthélemy va arriver ici ce soir pour passer quelques jours avant de partir. Rappelez-vous s'il y a lieu à vos amis, M. Pruvost, M. Guérillon, etc. Je me demande s'il est sage d'écrire à Kevelaer en concurrence avec Sittard et Clairef. J'écris à Bayonne, Lyon, Séez, Liège.

J'irai vendredi et samedi à La Capelle, mardi à jeudi à Lille.

M. Renard notaire à La Fère demande à acheter Fourdrain. Je crois qu'il ne faut pas vendre. Je lui demande par curiosité si son amateur mettrait bien 80.000f.

Ma belle statue du S. Coeur est à votre disposition. Pourrait-elle tenir derrière votre autel? il faudrait sans doute ôter l'exposition.

Si vous voulez avoir des Frères, il faut envoyer un de nos Alsaciens, P. Roth ou autre, faire une tournée chez les curés d'Alsace. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

Et mes papeirspapiers marqués?

07. 10. 1897. B 24/12 (inv. 507.03). Propagande de la foi (copie dactylogr.). Photocopie du manuscrit original : B 71/2 (inv. 939.01). Photocopie du manuscrit original : B 71/2 (inv. 939.01)

Eminence,

Comme vous avez eu la bonté de nous encourager au mois de mai dernier, nous avons commencé la mission de Stanley-Falls, au centre du Congo belge;

Deux de nos Pères se sont embarqués le 6 juillet à Anvers: le P. Gabriel Grison, du diocèse de Verdun, et le P. Gabriel Lux, du diocèse de Cologne. Ils sont arrivés là-bas et commencent la mission avec quelques enfants nègres.

S. E. Monsieur Van Eetuelde, le ministre du Congo belge, vous a dit combien cette mission était urgente. Les protestants sont déjà là et les arabes y tiennent des écoles. Si nous laissons ces populations passer au mahométisme, elles deviendront inconvertissables.

Nous allons envoyer quatre missionnaires rejoindre les premiers. Mais ces missions d'Afrique sont très coûteuses. Il ne faudrait cependant pas échouer en face des protestants et des arabes. Il me semble qu'aucune station ne répond mieux que celle-là au but de l'oeuvreœuvre anti-esclavagiste. Aussi je sollicite humblement de Votre Eminence une part des ressources de cette oeuvre.

Nous sommes sous la juridiction des Pères belges de Scheut, mais ils ne nous donnent aucun secours.

Nous comptons sur la bienveillance de Votre Eminence pour solliciter du Saint-Père une allocation de l'oeuvreœuvre anti-esclavagiste.

Je baise humblement votre pourpre et me dis votre très humble et obéissant serviteur.

                       L. Dehon, Sup. gén. des Prêtres du S. CoeurCœur de Jésus à St Quentin (Aisne). (Aisne).

08. 10. 1897. B 20/2 (inv. 290. 54). P. Falleur

Cher fils,

Oui, Tergnier serait mieux, mais il faut commencer à Fourdrain. Je tâcherai d'aller vous voir, j'ai déclaré au P. Mathias que nous reprenions Fourdrain, y a-t-il autre chose à faire?

Le P. Barthélemy est ici. Il partira le 15. Il a assez d'argent pour partir. Je garde les 200f du P. Charcosset. Le grand départ aura lieu le 26 ou le 27. Il faudra à chacun 125f pour le voyage.

Tout vôtre. + Jean du C. de J.

10. 10. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 29). P. Falleur

Cher fils,

1. Je crois que parmi les Romains Aimond seul appartient à S. Clément cette année. Il doit demander au P. Mathias l'argent du départ jusqu'à Marseille.

2. Ce n'est pas au S. CoeurCœur à faire le trousseau de P. Norbert. Il était ici pour un service général de scolasticat et pour le service de la maison…

3. Vous ne pouvez rien envoyer du dépôt de M. Aubert sans son consentement écrit. Dites cela poliment à F. Longin.

Je pars demain à 9h 52 à Lille. Tout vôtre + Jean du C. de J.

Si vous vous absentez le dimanche, l'ordre et la piété y perdront.

Evitez toute querelle avec le P. Mathias. Envoyez-lui un compter à l'amiable. Faites argent de ses fruits.

J'hésite beaucoup pour Tête. En tout cas l'intérêt ne serait pas à notre charge, mais à celle de Dirani.

Je crois qu'il faut mettre un peu votre propriété en valeur. N'abattez pas d'arbre avant que j'ai vu, sauf les arbres morts. Avec la permission du cantonnier, charriez toutes leurs boues de routes sur votre gazon là où il est marécageux.

F. Servais va vous envoyer son aspirant Frère.

Je crois qu'à cause du P. Urbain vous ne pourriez guère reprendre l'ex-Frère Michel. Voudrait-il aller au Brésil? Ecrivez-lui.

Pour des Frères, écrivez aux curés d'Alsace-Lorraine qui ont des élèves à Fayet…

10. 10. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 28). P. Falleur

Cher fils,

Vous avez envoyé quelque argent à Meyer, n'est-ce pas? „Hôpital civil de Moustapha, salle Sédillot” Alger.

Je pars mardi à Lille pour 3 ou 4 jours.

Le départ pour Rome se fera le 26 à 5h38 du matin. On va par Marseille: coût 118f chacun. Prévenez Aimond. Recommandez qu'on ait de petites valises de 15 à 20 kilos, plutôt 2 qu'une, pour ne rien faire enregistrer en Italie. Duborgel est déjà en Savoie. Les Blanc voudraient partir plus tôt???

Le P. Barthélemy partira vendredi matin. Mme Malézieux leur donne des draps, Mme A. des serviettes…

Du 18 au 30 j'irai m'enfermer pour travailler à Fourdrain ou à Villepinte. Je crois qu'à Fourdrain il n'y a pas une petite chambre chaude.

Soyez bien surnaturel. Cherchez des ressources pour le départ de Rome.

N'oubliez pas qu'après fin janvier vous n'avez plus 500f à laisser chaque mois au P.André.

Avez-vous payé le P. Casimir? Réclamez tous les comptes des maisons. Tout vôtre.

                                                                     +  Jean du C. de J.

13. 10. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 30). P. Falleur

Cher fils,

Je veux rappeler dans une circulaire la tenue des comptes, quels livres dois-je exiger pour chaque maison: Journal, livre des caisses, grand-livre, livre d'inventaire..

Ces quatre suffisent-ils? Est-ce trop?

Le P. Mathias dit que quand vous aurez réglé les pensions de nos séminaristes en vacances et les années de pension de Landouzy il ne vous redevra plus grand chose… Réglez cela à l'amiable avec le P. Jean Bte qui est son homme. Pour le compte des vacances, c'est 10f par semaine et non 2f par jour. On ne devrait pas me faire payer pour ceux élevés à Fayet, cependant si on le demande, je crois qu'il faudra céder, sauf pour ceux qui étaient profeseursprofesseurs l'an passé à Fayet.

En tout cas ne jamais se fâcher, m'en référer pour les points douteux, je les trancherai.

Je tâcherai d'aller vous voir mardi soir. Tout vôtre. Jean du C. de J.

2925. 10. 1897. B 24/12 (inv. 507.04). Propaganda fide. (Copie dactylogr.). B 71/2 (inv. 939.03) (Photocopie original) (Photocopie original)

EminenceÉminence Révérendissime,

J'ai bien reçu le chèque de 10.000 lires que Vous avez bien voulu m'envoyer pour la mission de Stanley-Falls au Congo belge.

C'est un grand encouragement pour nos missionnaires et je Vous exprime en leur nom et au mien toute notre gratitude.

Je baise votre pourpre et je prie Votre EÉminence Rev.me d'agréer mes respectueux hommages.

        L. Dehon, Sup. gén. des Prêtres du S. CoeurCœur de Jésus.

02. 11. 1897. B 24/15. 3 (inv. 515. 25). Vicaire capitulaire Soissons

Monsieur le Vicaire capitulaire,

C'est une supplique que je vous soumets, en m'en rapportant pour son succès à votre sagesse et aux desseins de la Providence.

L'état de nos oeuvres et mon séjour habituel à Rome semblent demander que notre petite Congrégation reçoive le décret d'approbation. Nous avons le décret laudatif, le décret d'approbation serait un second pas; il resterait à obtenir plus tard l'approbation des Constitutions.

Il y a dix ans que nous avons le décret laudatif (25 fév. 1888), et souvent l'intervalle n'est que de cinq ans. Le Saint Père a eu la bonté de me nommer consulteur d'une congragationcongrégation romaine, plusieurs cardinaux m'ont fait remarquer que cela appelait l'approbation de l'Institut. Nous avons aussi une mission de la Propagande en Afrique, cela aussi appelle l'approbation.

Nous aurons peut-être bientôt un évêque nouveau, il ne nous connaîtra pas et voudra peut-être se réserver plusieurs années.

En fait, nous rendons, je crois, quelques services appréciables au diocèse. Nous tenons l'institution S. Jean. M. Delloue met les bouts ensemble parce qu'il ne me paie pas de loyer. C'est donc 10.000f par an que je sacrifie pour le bien du diocèse.

Au S. CoeurCœur, nous avons sept prêtres qui aident et remplacent les curés, en partie à nos dépens, car ils ne gagnent pas leur vie.

A St Martin, nous avons quêté 250.000f et nous avons là deux prêtres qui reçoivent 650f de traitement pour deux!! Nous avons donné pas mal de prêtres au diocèse.

Peut-être pourriez-vous me donner une petite lettre disant que l'Institut des Prêtres du S. Coeur rend des services au diocèse et que vous verriez volontiers le Saint Père lui accorder de nouvelles faveurs.

J'aurai facilement de nombreuses lettres d'évêques d'autres diocèses. Je m'en remets à votre sagesse et à votre bonté.

Je suis encore pour quelques jours dans le diocèse. J'irai ensuite aux congrès de Lille et de Lyon, je prêcherai l'Avent à la cathédrale de Nîmes, puis je rentrerai à Rome pour six mois.

Je vous prie d'agréer mes respectueux et dévoués hommages. L. Dehon.

(Réponse, partiellement illisible: attendre le nouvel évêque)

14. 11. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 31). P. Falleur

Cher fils,

I. Vous ne m'avez pas donné, n'est-ce pas, la commission pour M. Louis? Vous l'avez sans doute donnée au F. Léon.

II. Les 500f que je vous ai remis, c'est de Nîmes pour 500 messes pro def. Je désire que vous les envoyez à Tête.

III. A combien se monte la nouvelle facture de Tête? Envoyez des messes correspondantes à Dirani.

IV. J'ai reçu 250f de Me Mal. pour Fayet (dîme), que faut-il en faire? Si je les envoyais à Rome?

V. Ci-joint le nom d'un brave homme, Stiévet, célibataire pieux, 40 ans. S'offre comme employé ou jardinier et peut-être deviendrait Frère. Vous pourriez peut-être le prendre au pair, à l'essai, pour voir s'il se fera Frère. Vous lui écrirez.

Réglez Tête à mesure de vos rentrées mais comptez aussi sur des demandes de Rome.

Si 5.000f viennent de Reims, pensez à Dubois. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

Un vivat à votre jeunesse.

14. 11. 1897. B 16/6bis. 24 (inv. 122. 24). P. Falleur

      (en note à une lettre de Falleur, texte reporté partiellement en italique)

Notez-moi l'adresse du livre de religion dont vous m'avez parlé pour nos étudiants… Chez Desclée, l'abbé Poey, cours supérieur.

… Veuillez lire le mot au P. Delloue: vous a-t-il remis son inventaire? Non.

A Lille la présence de 2 prêtres français auxiliaires ne pourrait-elle nous dispenser de la présence de 2 étudiants? Non.

L'Union annonce que le Congrès de Lyon est pour le 8 xbre. Partirez-vous quand même lundi? Oui.

N'est-ce pas à Tête qu'il faut donner le 1er argent disponible? Oui.

Le P. Barth demande 1.000f pour fin courant. Hélas!

Le P. Mathias vous rendra quelque chose. Il paraît que beaucoup de choses sont parties à S. Martin et à Lille.

Le P. Mathias présente un vieux compte de 1888 où S. Jean lui redoit 4.000f. Pourquoi cela ne figure-t-il pas à mes inventaires? Finissez-en de tous les comptes avec lui avec beaucoup de patience.

23. 11. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 32). P. Falleur

Mon pauvre ami, il faudrait courir à S. Quentin et m'expédier par poste une mosette et une barrette. Vous trouverez cela ou à la lingerie ou dans mon armoire derrière le coffre au bois (dans un sac noir ou dans une boîte).

Profitez de ce voyage pour faire l'expédition de Rome. Joignez-y un ou deux volumes sur l'histoire de la civilisation chrétienne. C'est dans la seconde chambre, deuxième rayon au-dessus des bollandistes à gauche.

Courage. Payez nos dettes. Envoyez à Rome.

Je vais peut-être télégraphier à P. Irénée de prendre la mosette. Tout vôtre.

                                                                             +  Jean du C. de J.

28. 11. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 33). P. Falleur

Cher fils,

Ci-joint des messes que le P. Gaudin propose au P. Mathias. Offrez-les lui, j'ai les 50f. Le P. Mathias n'en voudra sans doute pas, vous les ferez dire comme vous pourrez.

Il faut aussi penser à envoyer bientôt 1.000f à Dirani.

Priez bien pour moi. Je porte toujours une lourde croix. Tout vôtre. + Jean du CoeurCœur de Jésus

29. 11. 1897. B 20/2 (inv. 290. 55). P. Falleur

Cher fils,

J'ai commencé à prêcher hier. Faites relier les deux années de la Revue et envoyez-les moi. Mais aupravantauparavant relevez de suite dans les tables la liste de tous les articles du catéchisme social: titre de chaque chapitre et numéro où il a paru. Votre secrétaire peut faire cela. J'attends après.

Tout vôtre. + Jean du C. de J.

Nîmes, 29. 11. 1897. (cf. Cahier „Supplément” 46, Correspondance (datée) 3, p. 19).

Cher fils, si la malle romaine n'est pas partie, tirez-en un petit paquet de feuilles de la Revue contenant des chapitres du catéchisme social. J'en ai besoin. Vous me les enverriez.

Tout vôtre L. D.

30. 11. 1897. (Arch. dioc. de Lille, fonds Tiberghien). B 108/4 (inv. 1168.52). Monseigneur Tiberghien

Cathédrale de Nîmes…, le 30 nov. 1897.

Mon cher Seigneur,

Je suis ici à prêcher jusqu'à Noël. Je voudrais déjà être à Rome, mais j'avais promis cette mission, je dois m'exécuter.

Ma brochure va paraître dans deux ou trois jours, elle provoquera la colère des réfractaires: fiat!

Il y en a qu'on ne convertira pas, mais au moins il faut éclairer ceux qui sont de bonne foi.

Aidez-moi un peu de vos prières. A bientôt, dans un mois !

Votre tout dévoué L. Dehon

(Inséré le 10 février 2002)

01. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 56). P. Falleur

Cher fils,

Tenez-moi au courant de ce que vous avez à payer, à Rome, à Tête, à Dubois, à Melle Vic.

Après le paiement de mes dettes spirituelles, celui de mes dettes temporelles est ce que j'ai le plus à coeurcœur.

Avez-vous fait la paix avec le P. Mathias?

Faites bien toutes mes commissions. J'irai au Congrès de Lyon du 8 au 11. Tout vôtre.

                                                                       +  Jean du C. de J.

03. 12. 1897. B 109/4 (inv. 1169.90). « France Libre » »

04. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 57). P. Falleur

Cher fils,

Voilà ma première semaine finie! Encore trois. Et vos affaires?

I. Envoyez aussi un volume „Directions” à Tholomé. Vous les aurez sous deux ou trois jours.

II. Envoyez un Manuel social à M. Henri Vallet, soldat au 63è, 14è Cie, à Limoges. J'ai reçu le prix en timbres.

III. Vendez vos arbres, c'est le moment. Tirez-en 2.000f, cela vous aidera.

IV. Est-ce de Laval ou de Séez que nous avons reçu récemment des messes? Je crois que c'est de Laval. J'ai besoin de le savoir pour ne pas demander encore au même endroit.

De mardi à samedi je serai cher M. Berne, rue François Dauphin n°6. Vos lettres sont rares.

Votre tout dévoué + Jean du C. de J.

04. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 58). P. Falleur

Vous ne m'envoyez que la liste des articles de 1897 sur le catéchisme social, j'ai demandé aussi celle de 1896.

Ne gardez pas Mangeot. Je lui ai conseillé S. Jean. S'il ne s'y résigne pas, écrivez à P. Jn Bte à Clairefontaine et proposez-le. Il faut le sauver à tout prix. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

Envoyez de suite les volumes „Directions” comme j'ai dit. De suite pour faire la propagande avant la saison morte des étrennes.

05. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 59). P. Falleur

Cher fils,

Envoyez-moi de suite ici douze Manuels sociaux, je crois que vous en avez en réserve à Fourdrain.

Ayez toujours courage.

Que faire pour Mangeot? S. Jean ou Clairef.? Je n'ose pas lui proposer d'aller faire un an de philosophie à Rome en soutane et de faire son noviciat après un an ou deux. Faites pour le mieux. Tout vôtre + Jean du C. de J.

06. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 60). P. Falleur

Cher fils,

J'ai bien reçu le Catéchisme social, merci!

Envoyez-moi ce qui me manque pour le compléter: Année 1896, pages 324 à 472 (2 numéros), tout ce qui suit la page 482 (2 numéros) En somme je crois que de cette année 96 il ne me manque que les Nos de août, septembre, novembre, décembre. Pour l'année 1897, il me faudrait les huit premiers numéros: janvier à août inclus. Trouvez-les soit chez vous, soit à S. Jean, soit à Fayet.

Merci à l'excellent F. Gilbert pour sa copie. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

12. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 61). P. Falleur

Cher fils,

Vos lettres sont rares. Tout s'est très bien passé à Nîmes. Favorisez la réclame pour mon livre.

F. Majella est au-dessous de sa tâche. Ne brusquez rien. Il y a à Sittard un abbé Perrin habitué au professorat qui peut-être ferait mieux que vos deux j. gens. Ecrivez-en au P. André.

Comment vont nos affaires? Ménagez les dépenses et payons nos dettes.

Ayez toujours courage.

J'ai vu Tête, il dit que vous n'avez pas répondu à la lettre de Dirani qu'il vous a transmise. J'ai dit que je pensais que vous aviez écrit directement à Dirani. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

13. 12. 1897. B 20/3. 2 (inv. 293. 34). P. Falleur

Cher fils,

J'ai bien reçu tous vos envois pour le catéchisme social, merci! Vous êtes toujours bien serviable.

Parlez-moi de nos paiements. Est-ce bien de Laval que nous avons reçu 100 messes?

Ci-joint en billet l'envoi de l'abbé Sipp: 26 messes. Je garde encore les 37f pour Rome.

Je prêche ici une deuxième retraite. La semaine prochaine ce sera la troisième.

J'arriverai à Rome le 28. Je passerai, hélas! la Saint Jean en chemin de fer. Fiat!

Tout vôtre + Jean du C. de J.

Vous pourriez envoyer à Triqueneaux et à l'autre libraire la réclame ci-jointe.

16. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 62). P. Falleur

Faites comme dit le P. Gaspar. 800f c'est bien peu, cela doit valoir mieux.

Si vous avez quatre étudiants, faites une salle d'études.

Vous ne me dites pas que vous avez versé mes 5.000f à M. Lesueur pour Dubois, je suis inquiet.

Avez-vous inscrit 100m. de M. Deville à Lyon et 26 de M. Sipp de Strasbourg?

Rien à faire à Fourvières. Je pars d'ici le 26. Tout vôtre + Jean du C. de J.

16. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 63). P. Falleur

Cher fils, je reçois votre lettre du 13. Je vous ai écrit ce matin.

Ma lettre à Mangeot n'a plus de raison d'être, envoyez-le à Clairef.

Et mes 5.000? Sont-ils chez M. Lesueur?

Réclamez vos accusés de réception à Lyon.

Tout va bien ici jusqu'à présent. Je quitterai sans doute le soir de Noël pour faire la S. Jean à Rome. Tout vôtre. Jean du C. de J.

17. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 64). P. Falleur

Cher fils,

Envoyez deux vol. au P. Jeanroy pour la propagande. Je lui en explique l'emploi.

Rassurez-moi sur mes 5.000f. Tout va bien. Priez pour moi.

Bon Noël à tous. Jean du C. de J.

Avez-vous payé Melle Vicaire, etc.

18. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 65). P. Falleur

Cher fils,

I. Envoyez un vol. Directions à M. Fleury.

II. Inscrivez 50 m. ad int. de M. Debeney à Ars.

III. Envoyez-lui en colis postal à Ars par Villefranche (Rhone) 4 ex. Directions, il m'a payé.

IV. Comment ferons-nous pour mon courrier? On me l'envoie bien de St Quentin. Et les cartes de janvier? Je n'envoie en premier qu'aux deux vicaires capitulaires et à M. Pignon. A tous les autres il faudra répondre.

Si on me paie bien ici, je pourrai faire presque en entier la fin de mois du P. Barthélemy.

V. Renvoyez un exemplaire ou deux au P. Rasset, il a donné le sien à Rheims.

Je quitterai d'ici le soir de Noël. Tout vôtre + Jean du C. de J.

20. 12. 1897. B 88/2 (inv. 0X. 1421124.00). P. Adéodat (assomptionniste)

Mon Révérend Père,

Permettez-moi de rectifier vos objections. Je n'ai pas cité de document apocryphe dans l'affaire de la mission confiée par le Pape. Je ne cite pas de documents, j'en indique le sens qui est d'ailleurs tombé dans le domaine public depuis plusieurs mois, ce qui fait aussi que je ne commets pas d'indiscrétion.

J'ai sous les yeux une note dictée par le P. Sébastien qui me donne lieu de croire que j'ai bien résumé les indications pontificales, conformes d'ailleurs à ce que le Pape nous dit depuis dix ans.

L'Autorité et la Vérité ont refusé d'insérer une réclame, cela ne m'a pas étonné. Je n'en dirai pas autant de la Croix.

Agréez mes dévoués respects. L. Dehon.

20. 12. 1897. B 16/6bis. 20 (inv. 122. 20). P. Falleur

Cher fils,

Encore 175f pour Rome. Inscrivez cela de suite exactement. Envoyez bientôt des messes à Dirani. Et mes 5.000f? J'ai encore 6 jours ici. Tout va bien. Tout vôtre.

                                                                                                Jean du C. de J.

Vous pourriez dire au S.C. qu'on garde les cartes de visite qui m'arrivent par poste et vous les prendriez toutes après quelques jours pour y répondre. Donnez-leur une corbeille pour les mettre.

22. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 66). P. Falleur

Cher fils,

Je savais bien que vous aviez payé Lesueur, mais j'aimais à vous l'entendre redire. C'est pour moi une sensualité de payer mes dettes.

Envoyez 500f à Lefèvre et dites-lui que vous allez reprendre vos paiements mensuels (sans préciser davantage). J'espère avoir 1000 (? mot disparu) au P. Barthélemy.

Encore 3 jours. J'ai le mal du pays, je m'ennuie après Rome. On paraît très content ici.

N'obligez pas l'excellent M. Longuet à la salle commune.

Bonne fêtes à tous. Votre tout dévoué + Jean du CoeurCœur de Jésus.

22. 12. 1897. B 16/13. 45 (inv. 131. 45). P. Falleur

(En note à une lettre du Père Falleur, reproduite ici en italique)

Bien aimé Père,

Je suis allé à St Quentin pour le fr. Bonaventure qui s'est déclaré satisfait après avoir reçu 220 f tant pour voyage que pour trousseau et divers. Bien.

Je redois encore 247 f pr Melle Vicaire : le P. Mathias qui touche la quête du P. Urbain peut bien les verser sur ce qu'il me redoit. Ne pas mêler le p. Mathias à ce compte.

Puis-je demander à M. de Saeachaga Sarachaga une pension (mot de lecture incertaine) pour M. Pépin ? Demander à M. Pépin.

Pour le courrier, le mieux serait d'écrire au Receveur de St Quentin, envoyer ici toute la correspondance excepté les cartes de visite qui pourraient être laissées rue des Fr. Dessains. J'écris au receveur de tout vous envoyer.

… Le P. Mathias m'a enfin fait connaître qu'il y a une gram (mot de lecture incertaine) en 6è et que le Catéchisme se fait 2 fois par semaine. Il ne paraît pas se douter que je porte devant la loi la responsabilité de sa maison : serait-il possible de m'en décharger ? Patience et charité.

L'argent n'abonde pas : on nous demande mille formalités avant l'autorisation, le moteur est encore à venir ; les affaires ne sont pas brillantes. Mme Coutant attend, sereine, à mes frais… Fiat ! Patience.

Les étudiants de Paris et Issy ont-ils à écrire beaucoup : 3 ou 4 lettres par mois ne suffiraient-elles pas ? Leurs corresp. De famille ne pourraient-ils pas envoyer des timbres ?Dites-leur que dans tous les instituts jésuites, etc, les familles fournissent les timbres.

… Si vous n'avez plus de Directions et si M Perriot de Langres n'en a pas eu, priez Bloud et Barral de lui en envoyer un à titre de propagande. Tout vôtre. + Jean du C. de J.

23. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 68). P. Falleur

Cher fils,

Je crois que vous pourrez toucher cela à S. Quentin et l'envoyer à Bruxelles au P. Jeanroy. Cela vient de la Prop. de la foi pour le Congo.

Le P. Jeanroy a assez, je crois, pour le 1er départ. Il vaut mieux, je crois, garder cela deux mois sans le lui dire.

Avez-vous payé Melle Vicaire? Tout va bien ici. On me demande un carême pour 1898???

Tout vôtre. + Jean du C. de J.

24. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 67). P. Falleur

Cher fils, j'ai reçu votre envoi de Manuels, merci!

Envoyez en hommage les Directions à M. le chanoine Perriot, dir.r de l'Ami du Clergé à Langres. J'ai envoyé une carte à M. Tirard. Tout vôtre. Jean du C. de J.

25. 12. 1897. B 20/2 (inv. 290. 69). P. Falleur

Cher fils,

Je vais partir ce soir. Je désire avoir à Rome deux abonnements, l'Univers et le Bien public. Pourvoyez à cela.

Vous pourrez retenir sur le chèque Rothchild ce que vous avez donné à F. Bonaventure.

Faites un peu d'argent. Vendez le cadran Louis XV, 500f. Tout vôtre Jean du C. de J.

28. 12. 1897 (de Rome) B 23/1. a (inv. 474.28). P. Falleur

Me voici bien arrivé et installé. Tout mon monde ici est en bonne voie. Dites à Ferdinand que son frère est heureux et va bien.

Ma malle n'est pas arrivée, elle me manque beaucoup. Mais vous n'y pouvez rien.

Bonne année. Votre tout dévoué. Jean du C. de J.

30. 12. 1897. B 23/1. a (inv. 474.29). P. Falleur

Cher fils,

J'ai ici pas mal de revues de 1896-1897, n'en avez-vous pas besoin pour faire relier les deux années? Vous savez que je désire avoir le Dictionnaire historique de Boullier.

Je serai à Naples, hôtel Victoria, jusqu'au 7; à Messine, poste restante le 15. J'attends la malle.

Tout vôtre. Jean du C. de J.

Année 1897 B 16/6 bis. 16 (inv. 122. 16). P. Falleur

Cher fils,

Envoyez aussi un petit mandat de 5 à P. Plissonneau au 65è, 8è Cie à Nantes.

Défiez-vous de votre parisien, ne faites pas d'affaires avec lui. En Italie, passe pour Loreto.

Cela fait un joli trio: Gouy, Cordonnier et le baron d'Halluin.

La retraite du P. Claude est dans mes rayons: un livre assez mince, qui n'a peut-être pas de titre au dos. Votre dévoué. L. Dehon.

Année 1897 (?). B 18/6. 7. 3 (inv. 209. 03). P. Weiskopf

Mon cher ami,

Je vous pardonne votre lettre. Elle n'est pas de vous. Elle a été écrite dans la fièvre.

Je vous félicite de votre examen et vous engage cependant à n'en pas tirer vanité. Relisez l'Imitation, livre I, chap. 2 et 3: „N'avoir aucune bonne opinion de soi et estimer beaucoup les autres, c'est une grande sagesse et une haute perfection… Celui-là est vraiment grand qui a une grande charité. Celui-là est vraiment grand qui est petit à ses propres yeux et qui compte pour rien les plus grands honneurs…”. Je vous engage à relire les deux chapitres en entier. Vous y trouverez des trésors.

Je vous ai transmis une décision du Conseil. On ne doit pas aller chez soi plus de 15 jours. Vous me répondez par une boutade, je n'y puis rien. S'il y a des raisons graves pour vous d'allonger cela, insistez poliment et humblement. Le seul motif de repos ne me paraît pas suffire. On peut se reposer dans l'une de nos maisons. Depuis des siècles qu'il y a des instituts religieux, l'Eglise n'a jamais encouragé les longues visites aux familles.

Répondrai-je à toutes vos assertions? J'ai bien dit qu'il y avait quelque chose à changer à Lille, mais pas dans le sens où vous le prenez. Je suis d'avis qu'il n'y faut pas laisser deux oeuvres disparates, le collège américain et le scolasticat. Il n'en faut laisser qu'une.

Je ne sais pas du tout ce que vous voulez dire pour 1898, on a dû vous en conter.

Quand aux histoires de 1893, il y a eu de grosses calomnies, et ceux qui y ont ajouté foi sont punis l'un après l'autre par la divine Providence.

Si vous avez remis 153f en 1894 pour concourir aux frais de vos études, je crois avoir versé cette somme bien des fois déjà à la maison de Lille, car je lui ai payé exactement votre pension 600f par an.

J'aime beaucoup votre cher supérieur. Je lui souhaiterai aussi sa fête, mais comme elle tombe le 8 sept., nous ne boirons pas de champagne parce que nous serons en retraite.

Je ne puis pas en conscience vous accorder des mois de vacances chez vous. Régulièrement vous ne devriez pas y aller plus de 15 jours. S'il faut quelques jours de plus, demandez-les sagement et respectueusement. Votre dévoué L. Dehon.

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