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Préparation pour la veille

I. Lecture du saint Evangile (S. Luc, chap. II, 46-52).

46. Et factum est post triduum invenerunt illum in templo sedentem in medio doctorum, audientem illos et interrogantem.

47. Stupebant autem omnes, qui eum audiebant, super prudentia et responsis ejus.

48. Et videntes admirati sunt. Et dixit Mater ejus ad illum. Fili, quid fecisti nobis sic? ecce pater tuus et ego dolentes quaerebamus te.

49. Et ait ad illos: quid est quod me quaerebatis? nesciebatis quia in his, quae Patris mei sunt, opórtet me esse?

50. Et ipsi non intellexerunt verbum quod locutus est ad eos.

51. Et descendit cum eis, et venit Nazareth, et erat subditus illis. Et mater ejus conservabat omnia verba haec in corde suo.

52. Et Jésus proficiebat sapientia et aetate et gratia apud Deum et hommes.

46. Après trois jours ils le trouvèrent dans le temple assis au milieu des docteurs écoutant et interrogeant.

47. Tous ceux qui l'entendaient étaient étonnés de sa prudence et de ses réponses.

48. En le voyant ses parents s'étonnèrent, et sa Mère lui dit: Mon Fils, pourquoi nous avez-vous fait cela? Votre père et moi nous vous cherchions en pleurant.

49. Et il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous: ne saviez-vous pas qu'il faut que j'accomplisse les œuvres de mon Père?

50. Et ils ne comprirent pas ce qu'il leur dit.

51. Et il descendit avec eux à Nazareth et il leur obéissait. Et sa Mère conservait tout cela dans son cœur.

52. Et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et de­vant les hommes.

II. Sommaire. - Nous contemplerons dans ce texte l'obéissance de Notre-Seigneur. Son Cœur s'est voué tout entier à l'obéissance. Il obéit d'abord à son Père céleste. Il remplit sa mission. Il obéit aussi à Marie sa mère, et à Joseph son père adoptif, et sa soumission est toujours entière et empressée. - Puis nous nous rappellerons l'excellence de cette belle vertu, qui doit être aussi notre règle de vie, - la manière dont il faut la pratiquer et enfin ses avantages.

Méditation

I. Lecture du saint Evangile.

II. Méditation.

Le disciple. - Bon Maître, votre enfance à Nazareth est tout aimable. Vous obéissiez, vous offriez sans cesse, pour l'amour de votre Père et pour le nôtre, le sacrifice de votre volonté sur l'autel de votre Cœur. Parlez-moi de cette obéissance admirable de votre enfance, qui est le modèle de ma vie.

Le Sauveur. - La meilleure marque d'amour à donner à un père et à tous ceux qui ont autorité, c'est de leur obéir. je vous l'ai dit: celui qui aime son père, lui obéit: qui diligit servat mandata (Joan. XIV). C'était la pensée directrice de toute ma vie et la loi de mon Cœur. Comme Dieu, je n'ai pas d'autre volonté que celle de mon Père. Comme homme, je vouais librement et pleinement ma volonté à l'obéissance envers mon Père qui a toute autorité. Je venais sur la terre pour obéir, soit à sa vo­lonté manifestée directement, soit à toute autorité légitime et voulue par lui, notamment à ma Mère et à mon père adoptif.

C'était ma règle de vie. Elle est indiquée dans un des psaumes où Da­vid parlait en mon nom: Ecce venio. In capite libri scriptum est de me. Facere voluntatem tuam, Deus meus, volui; et legem tuam in medio cordis met (Ps, 39. 9). C'était la règle de mon Cœur. En venant au monde je gravais dans mon Cœur cette résolution: faire toujours la volonté de mon Père.

Saint Paul, mon apôtre, appelait aussi votre attention sur cette résolu­tion que je formai en entrant dans la vie: Ingrediens mundum dicit: ecce ve­nio…, ut faciam, Deus, voluntatem tuam (Hebr. 10. 5).

Je vous ai donné aussi cette direction pour votre vie: Pater, adveniat re­gnum tuum. C'est si juste et si nécessaire que cette vie créée soit toute dé­pensée pour celui qui nous l'a donnée. Obéir à son créateur, à son Dieu, à son père, et lui obéir en l'aimant, c'est toute la vie,

Et s'il plaît à Dieu de confier ses pouvoirs à des intermédiaires, il faut également leur obéir, parce qu'ils représentent Dieu et qu'ils sont revê­tus de son autorité. Il en est ainsi pour toutes les autorités légitimes de la terre. En leur obéissant, c'est à Dieu qu'on obéit. C'est pour cela que j'étais si parfaitement obéissant à Marie et à joseph. Ils étaient pour moi les représentants de mon Père. Les aimer et leur obéir, cela m'était natu­rel. En leur obéissant et en les aimant, je témoignais mon amour et mon obéissance à mon Père céleste, qui me les avait donnés pour Mère et pour père adoptif.

J'aimais cette obéissance pour d'autres motifs encore, parce qu'elle vous était précieuse comme exemple, et surtout parce qu'elle était émi­nemment réparatrice. La désobéissance est au fond de tout péché. C'est par la désobéissance que le péché est entré dans le monde comme vous le rappelle mon apôtre saint Paul, et c'est pour réparer la désobéissance d'Adam et celles de tous les hommes que je me suis fait obéissant: Sicut enim per inobedientiam unius hominis, peccatores constituti sunt multi; ita per unius obedientiam, Justi constituentur multi (Rom. V, 19).

Aussi mon obéissance à Nazareth était-elle prévenante, empressée, entière. J'aimais à obéir; l'obéissance était la joie et le trésor de mon Cœur. Vous devez obéir pour les mêmes motifs qui ont rendu l'obéis­sance chère à mon Cœur, parce que l'obéissance à votre Dieu et à ses re­présentants est souverainement juste et nécessaire et parce que l'obéis­sance est méritoire et éminemment réparatrice.

Vous devez obéissance à votre Père céleste. Vous me la devez à moi, à qui il a tout remis entre les mains. Vous la devez à toutes les autorités lé­gitimes qui nous représentent.

Et si vous avez été appelés à la vie religieuse, si vous avez choisi la vie d'obéissance pour me suivre de plus près et pour réparer par cette obéis­sance volontaire vos fautes et celles des pécheurs, oh! alors cette obéis­sance doit vous être doublement chère. C'est un holocauste que vous avez offert. Il n'y faut pas de réserve ni d'imperfection. Vous savez assez que ce qu'on offre à Dieu doit être sans tache.

Ce n'est pas seulement une obéissance servile que j'attends de vous, c'est l'obéissance affectueuse des enfants.

On peut obéir par la volonté seule, sans les affections du cœur. C'est alors servir son Dieu en esclave, en mercenaire. C'est donner sa volonté, comme un condamné livre son corps au bourreau.

Ce n'est pas là m'aimer. N'est-ce pas plutôt m'outrager? C'est ainsi qu'on sert un maître cruel et sans cœur. C'est votre cœur que je deman­de: Praebe fili mi, cor tuum mihi (Prov. 23).

Qu'on ne dise pas que cette obéissance servile est la vie de la foi. La vraie foi ne va pas sans la charité. Saint Paul vous le fait remarquer: Fi­des per carîtatem operatur (Gal. 5).

C'est dans son cœur qu'on doit avoir sa règle de vie, pour la pratiquer par amour. C'est ce que David disait de moi: Legem tuam in medio tordis mei (Ps. 39). C'est aussi ce qu'il disait du juste: Lex Dei ejus in corde ipsius (Ps. 36).

Toutefois je ne veux pas une pure sentimentalité qui ne mène à rien. Je ne demande ni la volonté seule ni le cœur seul. Je ne demande pas une sentimentalité nerveuse et sensuelle, mais une affection profonde et agissante.

Je l'ai dit: Non omnis qui dicit. Domine, Domine, intrabit in regnum coelo­rum, sed qui facit voluntatem Patris mei (Matth. VII, 21). Il ne suffit pas d'avoir mon nom sur les lèvres avec affectation de tendresse, il faut cher­cher ma volonté et la faire. Mieux vaudrait encore l'obéissance ponc­tuelle avec un cœur sec, que des effusions de tendresses avec une demi obéissance.

Je l'ai dit aussi à mes disciples.: Filioli, non diligamus verbo, neque lingua, sed opere et veritate (Joan. III, 18). Ce que je demande, c'est l'obéissance simple, entière, cordiale, le bon esprit en un mot. Le don de soi-même n'est pas entier, lorsqu'on discute les ordres de ses supérieurs, ou lorsqu'on se dit que les vœux n'obligent pas jusque-là. On marchande alors ce qu'on a donné. Ce n'est pas ainsi que j'agissais à Nazareth. J'al­lais au devant des désirs de Marie et de joseph, je ne les obligeais pas à invoquer leur autorité.

Les religieux qui marchandent leur obéissance ne sont religieux que de nom. Ils n'ont pas souci de la perfection de leur état. Il gâtent toute une communauté. Leur langage est contraire à l'esprit de simplicité et d'abandon. Ce sont des branches mortes. Ce sont des lépreux qui com­muniquent leur lèpre aux autres.

Je l'ai dit à Marguerite-Marie: Les religieux désunis et séparés de leurs supérieurs sont des vases de réprobation. Je les ai rejetés de mon Cœur. Plus ils tâchent de s'en approcher par l'oraison et les sacrements, plus je m'éloigne d'eux, plus j'en ai horreur… (Œuvres I, p. 89).

Aimez et vous obéirez facilement. Si on aime, on n'hésite pas à obéir, on n'a pas de peine à faire un sacrifice. Ce sacrifice rapproche de moi. Il est une occasion de me prouver son amour. Je le récompense par des grâces abondantes.

AFFECTIONS ET RESOLUTIONS

Bon Maître, vous me donnez l'exemple, je veux devenir obéissant à votre suite. Je vous dois cette obéissance, vous êtes mon créateur, mon maître, mon tout, vous êtes mon père, mon bienfaiteur et mon ami et je vous obéirai par amour, par reconnaissance et par dévouement. Je vous obéirai en tout et toujours.

Je ferai votre volonté partout où elle me sera manifestée. Je la reconnaîtrai dans ma règle et dans la volonté de mes supérieurs. Parlez, Seigneur, et votre serviteur obéira.

BOUQUET SPIRITUEL

- Venit Nazareth et erat subditus tllis (Luc. 11).

- Ecce venio. In capite libri, scriptum est de me. Facere voluntatem tuam (Ps. 39)

- Deus meus, volui; et legem tuam in medio cordis met (Ibid).

- Il alla à Nazareth et il était obéissant (Luc. 11).

- Me voici: en tête du livre il est écrit que je ferai votre volonté (Ps. 39).

- C'est ma résolution: mon cœur s'attache à votre volonté (Id.).

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